« Pour répondre aux défis qui sont gigantesques » en matière de gestion de l’eau, « nous souscrivons aux ambitions du gouvernement mais dans le même temps, on nous prive des moyens d’intervenir par un prélèvement sans précédent de l’État », a critiqué le président du comité de Seine-Normandie, François Sauvadet, lors d’une réunion à Dijon avec ses homologues des autres bassins.

2 milliards d’euros transférés vers d’autres organismes

Selon eux, environ 25 % du budget des agences de l’eau pour 2018 – de l’ordre de 2 milliards d’euros – est prélevé par l’État ou transféré vers l’Agence française de la biodiversité, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage ou encore les Parcs nationaux.

Les agences de l’eau, financées en majorité par la redevance figurant sur la facture du consommateur, mettent en œuvre la politique de l’eau et ont pour mission de contribuer à réduire les pollutions de toutes origines et de protéger les ressources en eau et milieux aquatiques.

Des investissements importants impossibles

Ces prélèvements sur leurs budgets ont des conséquences concrètes, a alerté Martial Saddier, président du bassin Rhône-Méditerranée, citant la non-réhabilitation d’une station d’épuration sur deux ou l’impossibilité d’investir dans des aménagements destinés à limiter les crues.

L’élargissement de la Leysse, rivière à Chambéry, a par exemple été « financé principalement par l’agence de l’eau » locale, a fait valoir M. Saddier, précisant que les travaux, achevés juste avant le dernier épisode de crue, ont permis à la ville d’éviter le pire. « Aujourd’hui, s’il fallait refaire ces travaux dans la situation financière de l’agence, on ne pourrait pas y arriver. »

« Le budget de l’eau ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire dans un pays comme la France », a ajouté M. Sauvadet, qui avait appelé mardi à aménager des réservoirs de rétention à la confluence Seine-Yonne pour faire baisser le niveau du fleuve à Paris en cas de crue.

AFP