La deuxième journée de lutte contre le gaspillage alimentaire a lieu le jeudi 16 octobre 2014. Le gaspillage concerne aujourd'hui pour chaque Français 20 kg de nourriture par an, dont 7 kg encore emballés. Ces chiffres représentent une perte de 400 € par an et par foyer.

A cette occasion, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a rappelé sur RTL qu'« il y a 30-40 ans dans les campagnes on disait – tu finis ton assiette ». Il a ensuite précisé faire passer un message aux parents « le principe numéro 1, vous finissez vos assiettes ».

Durant la journée, le ministre a présidé le comité national de lutte contre le gaspillage alimentaire. Il a également remis les prix aux initiatives pour lutter contre le gaspillage lauréates de l'appel à projets « Et vous, quel sera votre acte anti-gaspi ? ».

Guillaume Garot chargé de réduire le gaspillage de 50 %

L'ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire, à l'origine du pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire, s'est vu attribuer la mission d'élaborer dans un délai de six mois des propositions pour réduire ce phénomène de 50 % par le Premier ministre.

Pour lui, la baisse du gaspillage passe par « la clarification des règles pour les dons alimentaires et pour les dates de consommation, par de nouvelles mesures pour l'achat des collectivités publiques, par la généralisation du "doggy bag", par l'éducation des enfants à la cantine et par la mobilisation de la grande distribution et des commerces ».

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a également annoncé le déploiement de solutions de tri à la source des déchets alimentaires pour chaque ménage d'ici à 2025.

Des solutions sur l'ensemble de la filière, et d'abord chez les consommateurs

De nombreuses initiatives voient aujourd'hui le jour pour lutter contre ce phénomène. Près de 200 actions de sensibilisation se tiendront en France sur le sujet, indique l'AFP, comme la confection de « Disco Soups » (des soupes festives confectionnées à partir d'invendus), des ventes de fruits et légumes abimés ou déformés en grandes surfaces, des « challenge zéro poubelle » à l'école...

Dans le Rhône-Alpes, une jeune entreprise lance le concept du doggy-bag, une boîte pour emporter les restes de son repas au restaurant, soutenu par Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf). Ce principe, déja fortement développé dans les pays anglo-saxons, à encore du mal à s'imposer en France.

Mais aussi chez les agriculteurs et les industriels

Du côté des agriculteurs, on cherche également des solutions pour lutter contre le gaspillage. Dans le Pas-De-Calais, ce sont des cultivateurs de pommes de terre qui se sont associés à McCain et Leclerc pour valoriser en soupe et flocons de purée les légumes hors calibre.

Ailleurs, ce sont des associations à but humanitaire qui récupère les légumes difformes pour les redistribuer. La présence de la banque alimentaire sur le marché de producteurs de la FNSEA à Paris le 12 octobre, dont le thème était le gaspillage alimentaire, témoigne des liens qui peuvent se tisser entre producteurs et organismes d'aide aux démunis.

Et dans la grande distribution

Dans le magasin Leclerc de Templeuve où seront commercialisés ces produits à base de pommes de terre, les fruits et légumes retirés des rayons car moins beaux, sont également transformés en smoothies pour être valorisés auprès des clients.

Tanguy Dhelin