Dans un entretien au journal Le Monde (édition du 2 novembre 2011), le milliardaire américain Bill Gates, invité par Nicolas Sarkozy à participer au G20 à Cannes, défend l'action de sa fondation en faveur du développement agricole.

Pour le fondateur du géant de l'informatique Microsoft, qui s'était vu confier par le président français un rapport sur le financement du développement, en vue du rendez-vous cannois du G20, l'aide aux programmes agricoles est un gage de « stabilité » et de « croissance ».

« La crise budgétaire ne devrait pas affecter des programmes comme ceux qui touchent à l'agriculture. Ils ont un fort retour sur investissement et ils font progresser la stabilité et la croissance. » Il prend pour preuves des investissements effectués en Afrique, l'Ethiopie particulièrement, qui ont eu pour conséquences de limiter la zone affectée par la famine, dit-il.

«Le monde a les ressources »

Bill gates rappelle que sa fondation a déjà déboursé plus de 8 millions de dollars (soit près de 6 millions d'euros) en faveur de l'aide humanitaire d'urgence en Afrique, et « beaucoup plus (serait investi) à long terme, pour acheter les meilleures semences », ou encore « pour améliorer les sols ».

En 2011, « le monde a les ressources, le savoir et les outils pour aider les plus pauvres à surmonter la faim et l'extrême pauvreté », s'offusque le philanthrope, dont un des objectifs depuis les années 2000 est « d'aider les pays pauvres à être autosuffisants ».

Selon Bill Gates, pour qui avec du temps on doit arriver à « doubler la productivité » pour « presque toutes les récoltes en Afrique », « l'une des initiatives les plus prometteuses concerne le maïs résistant à la sécheresse. Nous avons financé les recherches et 2 millions de paysans en bénéficient déjà en Afrique de l'Est. Grâce à ce maïs, les rendements vont augmenter de 30 % d'ici à 2016, pour 40 millions de personnes de 13 pays de l'Afrique subsaharienne », martèle le mécène américain.

Il compte également s'appuyer sur des partenariats entre des pays riches et des pays ayant opéré leur révolution verte, comme la Chine ou le Brésil, pour des projets de développement au bénéfice de l'Afrique.

Dans son rapport à remettre à Nicolas Sarkozy, Bill Gates appelle les dirigeants du G20 « à tenir leurs promesses, même dans ces temps difficiles », et évoque certaines taxes – sur les transports, ou encore sur les transactions financières – qui pourraient aider ces pays « à remplir leurs engagements ».

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B.V.