Nicolas Sarkozy a exhorté mercredi les ministres de l'Agriculture du G20 à adopter le plan de lutte contre la volatilité des prix des produits agricoles proposé par la France qui doit « assurer la sécurité alimentaire du monde » et « changer la vie d'un milliard de paysans ».

« La réussite du sommet du G20 à Cannes dépend de vous. C'est la première fois que vous êtes réunis, c'est la première fois que l'agriculture accède au rang de priorité pour la croissance mondiale », a lancé Nicolas Sarkozy, en ouvrant à l'Elysée la réunion des ministres des pays du G20.

« En remédiant à la volatilité des marchés agricoles, en assurant la sécurité alimentaire du monde pour aujourd'hui et pour demain, c'est tout l'édifice du capitalisme que nous sommes en train de rééquilibrer », a-t-il poursuivi.

« En adoptant ce plan, vous pouvez changer non seulement la vie d'un milliard de paysans mais le cours même du capitalisme pour que la capitalisme retrouve un sens : contribuer au développement et au bien-être des populations. Le monde entier compte sur vos décisions, sur votre action, le monde entier ne peut pas attendre », a lancé le chef de l'Etat.

Devant les ministres, Nicolas Sarkozy a défendu les piliers du plan d'action proposé par la présidence française.

Il a ainsi plaidé pour l'augmentation de la production, « car c'est déjà aujourd'hui que la pénurie se fait sentir », et dénoncé le fonctionnement de marchés qui « sont les moins transparents de tous les marchés ». « La volatilité est un fléau pour les paysans et les consommateurs, comme pour la stabilité des Etats », a souligné le président en exercice du G20.

« Il faut nous accorder sur un code de bonne conduite qui interdise les restrictions à l'exportation pour l'achat d'aide alimentaire d'urgence », a-t-il ajouté, en suggérant la création d'un « forum ».

Nicolas Sarkozy a enfin défendu une plus grande régulation des marchés agricoles. « Un marché qui n'est pas régulé n'est pas un marché mais une loterie où la fortune sourit aux plus cyniques », a-t-il jugé.

Les discussions des ministres de l'Agriculture du G20 doivent se poursuivre jusqu'à jeudi.

Un accord pour lutter contre la volatilité des prix des produits agricoles est à portée de main, a déclaré mercredi le ministre brésilien de l'Agriculture, Wagner Rossi, avant le discours de Nicolas Sarkozy.

« Je pense que nous sommes très proches d'un consensus. Certains points sont très consensuels », a affirmé Wagner Rossi.

Parmi les points qui rapprochent, il a évoqué les informations (production, consommation, stock...) que devraient donner les pays producteurs pour avoir un état de la situation agricole des principales matières premières agricoles.

« C'est l'intérêt de tous les pays qu'il y ait un échange d'informations pour permettre de prendre des décisions plus efficaces », a ajouté Wagner Rossi.

« Je sais que certains pays ont une vision un peu traditionnelle de la souveraineté », a-t-il ajouté, mais selon lui, la position de ces derniers « va évoluer au contact des autres pays ». M. Rossi faisait référence à la Chine et à l'Inde, peu favorables à ce transfert de données qui relèvent, selon eux, de leur souveraineté nationale.

Interrogé sur la régulation des marchés financiers, le cheval de bataille de la présidence française, M. Rossi a rappelé que son pays « s'oppose à tout mécanisme qui entraverait le marché, par exemple à tout dispositif qui s'apparenterait à un contrôle des prix ».

S'il s'agit de « lutter contre la spéculation financière, [...] nous sommes d'accord avec cela », a ajouté le responsable brésilien. Mais pour lui la façon la plus efficace de lutter contre la volatilité des prix, c'est d'augmenter la production agricole pour mieux répondre à la demande en hausse constante.

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