Le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, semble avoir enfin trouvé une oreille attentive en Argentine et au Brésil sur le dossier du G20 agricole. « Nous nous approchons d'un consensus sur le plan d'action français », a-t-il indiqué le 20 mai 2011.

Ce plan, qui sera proposé lors de la réunion des ministres de l'Agriculture du G20, les 22 et 23 juin 2011 à Paris, comporte cinq axes :

- « réinvestir dans l'agriculture pour gagner en autonomie agricole »,

- « mettre en place une banque de données conjointe pour gagner en transparence »,

- « créer un mécanisme de réaction rapide en cas de crise », développer des « réserves humanitaires d'urgence » pour les pays vulnérables,

- et « adopter les mêmes outils de régulation financière que tous les autres marchés financiers ».

Le Brésil et l'Argentine sont – et restent – opposés à toute tentative de limiter les prix agricoles. Cependant, le ministre de l'Agriculture argentin a convenu que la volatilité des prix des matières premières avait « besoin d'une plus grande régulation », et salué la décision française de placer l'agriculture au coeur du dossier du G20.

Considérant que le problème de la volatilité des prix des matières premières doit être réglé en augmentant l'offre, et non en régulant les prix, le ministre argentin a apprécié la clarification apportée par Bruno le Maire.

« La France ne souhaite en aucun cas limiter les prix des matières agricoles ; si les prix montent tant mieux pour les producteurs, a déclaré le ministre français. Ce que nous voulons combattre, c'est la volatilité excessive des prix et la spéculation financière sur les matières premières. »

Un haut-fonctionnaire brésilien avait pour sa part déclaré en avril 2011 que son pays « ne soutiendrait aucune proposition visant à un contrôle des prix, mais était d'accord sur la nécessité de règles plus claires pour le marché agricole ».

B.L.