Scientifiques, professionnels de la filière des fruits et légumes et consommateurs se sont réunis, le 22 octobre à Paris, pour apporter les éléments de réponse à la question « La qualité des fruits et légumes dépend-elle aussi de notre confiance dans les produits et les acteurs de la filière ? » Cette rencontre d'information était organisée par Interfel et Aprifel, l'Agence pour la recherche et l'information en fruits et légumes, dans le cadre du programme européen « Relance de la consommation de fruits et légumes frais en France ».

Quelque 90 % des Français font confiance aux fruits et légumes, qu'ils associent à des produits « frais », « naturels ». Il existe aujourd'hui un large consensus autour des bénéfices des fruits et des légumes pour la santé. En effet, les résultats du baromètre de confiance montrent que 78 % des consommateurs sont satisfaits de l'apport nutritionnel des fruits et légumes.

Mais, paradoxalement, une majorité se dit aussi insatisfaite en matière de d'information. « Les fruits et les légumes ont une image très positive dans l'esprit des Français en termes de santé mais ils réclament une meilleure traçabilité et de meilleures garanties en terme de sécurité sanitaire », explique Emmanuel Rivière, directeur de l'unité stratégique d'opinion chez TNS Sofres. Plus précisément, 70 % des Français réclament une meilleure traçabilité en rapport avec la question des OGM et 78 % en rapport avec l'usage de pesticides. Ces interrogations fortement anxiogènes cristallisent les craintes.

Proximité rime avec qualité

Autre élément intéressant, la proximité, physique mais aussi relationnelle avec son vendeur, s'impose comme principal garant de la qualité des fruits et des légumes. 55 % des Français n'ont pas confiance dans les grossistes et 59 % dans la grande distribution. « L'agroalimentaire est de plus en plus considéré comme une boîte noire, a précisé Claude Fisher, directeur de recherche au CNRS, puisqu'on ne sait pas d'où ça vient, comment ça a été fabriqué ». La relation sociale que l'on établit avec le producteur qui nous vend son produit ou le primeur qui nous conseille sur la qualité est primordiale dans la construction de la confiance envers le produit.

La notion de confiance et de méfiance en matière d'alimentation est une idée nouvelle, créée par l'urbanisation, la mondialisation, l'industrialisation du secteur agricole. On ne peut donc pas évoquer de point de comparaison. Mais se poser la question de la confiance des consommateurs permet de déchiffrer leurs attentes et d'y répondre. Les consommateurs sont en train de changer leurs modèles d'alimentation en réclamant plus de visibilité sur la filière, plus de proximité avec le producteur et son produit. Et ces choix en termes d'alimentation renvoient nécessairement à des modèles de production relocalisés et alternatifs sur le plan de la technique.

Claire Faure