Jeudi 7 juillet, avant de se rendre au ministère de l'Agriculture, des producteurs de fruits et légumes des Pyrénées-Orientales et du Gard se sont rendus au Marché d'intérêt national de Rungis pour interpeller les grossistes et les distributeurs sur la nécessité de valoriser les produits cultivés en France.

La FNSEA, JA (Jeunes Agriculteurs), la FNPF (producteurs de fruits) et Légumes de France ont notamment rappelé les distorsions de concurrence que les producteurs subissent : « Les producteurs n'acceptent plus d'être payés une misère et veulent retrouver un prix rémunérateur qui respecte la qualité de leur produit et de leur travail. »

« Certains grossistes ne jouent pas le jeu et favorisent les pêches espagnoles pour augmenter leurs marges. On est déjà obligé de vendre en dessous de notre prix de revient et si on continue comme ça, on ne pourra plus produire en France », a déclaré Laurent Ducurtil, producteur à Perpignan et responsable départemental de la FNSEA.

Selon les producteurs, les pêches espagnoles n'ont qu'un seul atout : elles coûtent en moyenne 50 centimes de moins que son homologue française, pour un prix au kilo variant entre 1,20 et 1,40 euro.

Dans les allées de Rungis, l'initiative n'a rencontré qu'un écho limité. « Ils se trompent de cible », a estimé un négociant, Dominique Maloup. « La vraie raison de l'écart de prix, c'est la différence du coût du travail en France et en Espagne et les grossistes n'y sont pour rien. »

Même scepticisme chez un de ses collègues. « C'est la récente période d'ensoleillement qui a fait chuter les cours. Les fruits sont arrivés à maturité plus rapidement et on s'est retrouvés d'un coup avec une énorme quantité à écouler », a fait valoir Pedro Giner, commercial dans l'entreprise Blampin.

« Nos marges ? Qu'ils viennent voir si elles sont vraiment énormes...», a-t-il ajouté.