« Le loup doit être déclassé dans la convention de Berne et dans la directive sur les habitats », a insisté Jacqueline Dupenloup (*), lors du résumé des débats des Rencontres du Glandon. « L’avenir de l’élevage pastoral est en jeu. »

Tous les participants souhaitent qu’un nouveau cap soit engagé pour que la pression exercée par le prédateur cesse. « Il faut pouvoir tirer immédiatement, sans barrière administrative, de façon réactive pour pouvoir défendre chaque troupeau attaqué, a ajouté l’élue. La notion de quota est dépassée. Elle ne permet pas de répondre, tout au long de l’année à la crise que subissent les différents territoires. »

C’est pourquoi les intervenants demandent aussi, entre autres, le développement des brigades spécialisées pour renforcer l’équipe déjà en place. « C’est au niveau européen que les solutions doivent être trouvées, a ajouté Jacqueline Dupenloup. Sauver l’élevage paysan à l’échelle européenne devient une priorité. »

Il faut pouvoir tirer les loups

Le thème de l’hybridation est souvent revenu dans les discussions au cours des deux jours. Des éleveurs et des élus (français, allemands et suisses) ont déjà entrepris des analyses en envoyant des prélèvements effectués par leurs soins à un laboratoire allemand. Ils veulent en savoir plus sur le patrimoine génétique du prédateur et savoir s’il a éventuellement des origines canines. Si c’était le cas, cela pourrait, selon eux, faire tomber le statut d’animal « superprotégé » du loup.

Pour François Giacobbi, président du Comité de développement agricole du sud de l’Aveyron, ces analyses ne seront d’aucune utilité devant les commissions départementales de recours. « Il ne faut pas donner de faux espoirs à des gens qui sont suffisamment désespérés comme ça, a-t-il déclaré. Lorsque vous avez une bestiole qui s’approche de votre troupeau, que ce soit un canis, que ce soit un lupus, un canis avec 80,4 % de lupus par sa grand-mère ou que ce soit un lupus à 80 % canis par son grand-père, on n’en a strictement rien à faire. La seule chose qui nous intéresse, c’est de pouvoir lui tirer dessus et que la balle qu’il doit prendre soit bien réelle. »

Quelques jours avant les Rencontres, l’Usapr avait déjà alerté l’État et demandé un éclairage au sujet de l’hybridation. « 200 analyses de loups devraient être publiques, mais nous n’en avons pas une seule, a par ailleurs signalé Francis Solda, président du Cerpam (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée). Il faudrait que nos politiques commencent par faire leur travail et nous donnent leur résultat. » L’éleveur provençal a aussi précisé que le loup « pesait » sur le budget agricole de sa région. « En Paca, le budget installation et bâtiment agricole est diminuée de 15 à 20 % au profit du loup », a-t-il dit.

(*) Maire de Saint-Alban-des-Villards à l’origine de la création de l’Usapr en 2014 avec les maires de Saint-Colomban-des-Villards, d’Allemont et de Vaujany.

M.-F. Malterre