La révolution numérique engendrera-t-elle une nouvelle révolution agricole ? Cette question sous-tendait les multiples échanges du forum « Agrifutur », qui s’est tenu à Paris le 8 novembre 2016, à l’initiative du think-tank Renaissance Numérique.

Une ribambelle d’intervenants

Si les promoteurs de l’agriculture connectée (agriculture de précision, objets connectés, analyse de données…) étaient bien présents, c’est sur les relations avec le grand public que se sont concentrés les efforts. « Les crises alimentaires successives ont introduit une grande défiance sur la qualité et la provenance des produits alimentaires et conduit les consommateurs, pour une partie d’entre eux, à s’organiser autrement : financement de la production, mise en œuvre de nouveaux circuits de distribution, système de traçabilité collaboratif, etc. Cette révolution ne se fera donc pas sans le consommateur », justifie Henri Isaac, président de Renaissance Numérique.

Une ribambelle d’entrepreneurs ont présenté leurs projets contre le gaspillage, pour une meilleure information sur les produits de grande consommation, des conseils en cuisine, des outils de contrôle de la chaîne du froid, etc. Le sujet est à la mode et les initiatives foisonnent pour répondre à une demande grandissante, mais peu d’idées concrètes ont été évoquées pour la structuration de l’offre et l’accompagnement des producteurs. Le chantier est pourtant immense.

Enjeux logistiques

Pour Marc-David Choukroun, de La Ruche qui dit Oui, si révolution il y a, elle portera sur les questions logistiques. « C’est le nerf de la guerre et le seul levier pour baisser les coûts, estime-t-il, et le numérique va transformer notre appréhension du sujet ». D’ici à quatre ou cinq ans selon lui, de nouvelles technologies vont déferler en France, à l’image des véhicules autonomes par exemple, déjà à l’essai. « Toute la question est de savoir si ces outils pourront être mis au service des producteurs, ou uniquement profiter aux géants comme Amazon… »

Neuf heures de forum n’auront pas permis de répondre à cette dernière et fondamentale interrogation. En attendant d’y voir plus clair sur ce marché en devenir, Renaissance Numérique remet en avant ses 16 propositions faites en novembre 2015, à l’occasion de la publication de son livre blanc « pour repenser la production, la distribution et la consommation alimentaires à l’ère du numérique ». Avec un accent intéressant mis sur la formation des agriculteurs, pour les préparer à ces nouveaux enjeux.

Alain Cardinaux