Avec les lunettes Oculus sur les yeux et un casque sur les oreilles, le brouhaha du Salon international de l’agriculture disparaît instantanément. Au lieu de la moquette bleue et des grandes pancartes, on se retrouve plongé sur une exploitation laitière normande. On nettoie l’étable, on croise un robot de traite, on conduit un tracteur, et on survole même des prairies. Le tout à 360 degrés, sans bouger d’un fauteuil en cuir blanc au beau milieu du parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

Et si l’on en croit Nicolas Bizeul, chargé d’étude au département de la formation de la FNSEA, plus de cent personnes par jour auraient fait cette expérience depuis le début du salon à la fin de la semaine dernière.

Attirer par la diversité

Un film montre l’élevage laitier, un autre plonge les spectateurs entre quelques rangs de vigne, et le troisième permet de découvrir la transformation laitière caprine. « Le but, c’était de montrer tous les niveaux de formation, de faire comprendre qu’il y a des métiers pour tous selon ses affinités dans l’agriculture », explique Nicolas Bizeul.

Ces films ont été montrés sur d’autres salons, mais également dans plusieurs classes dans le sud-est du pays. « Ça casse beaucoup de préjugés, se félicite Nicolas Bizeul. Seulement 10 % des élèves envisagent une orientation dans le secteur agricole avant le visionnage. Après, on passe à plus de 60 % ». Tournés par la société Circle Time, les films ont été financés par le Fafsea, et la collecte de la taxe d’apprentissage.

Sawsan Playe ne connaît rien au monde agricole, mais elle développe des formations à distance. Son expérience sur le salon l’a conquise. « Avec la réalité virtuelle, on est encore plus en immersion sur la ferme qu’avec des vidéos Youtube. Bien sûr, aller sur des exploitations reste un must ». Visiter une exploitation, ou faire venir un agriculteur en classe, c’est d’ailleurs la suite du dispositif imaginé par la FNSEA. « On le fait après le visionnage, là où on sent que les classes ont vraiment envie », précise Nicolas Bizeul.

Ivan Logvenoff