« Rêve de ferme », voici le thème, résolument porté vers l’avenir, que le réseau Inter-Afocg (Associations de formation collective à la gestion) avait choisi pour ses rencontres annuelles. Mais pas question de rester sur son petit nuage.

À Montargis (Loiret), une centaine de personnes sont venues confronter leur rêve à la réalité. « Il s’agit de construire ce rêve par rapport à un contexte, à une époque. Il faut se réapproprier son rôle de chef d’entreprise et effectuer les bons choix par rapport à ses valeurs. Donner du sens à son métier », explique Laurence Desmazières, secrétaire du réseau et présidente de l’Afocg du Loiret.

Pour cela, le réseau propose des formations à la gestion. Une approche bien ancrée dans la réalité. « À partir du rêve, on décline le volet économique, technique et humain. En maîtrisant chaque chiffre de son exploitation, on peut prendre les décisions en connaissance de cause et on est plus résilient aux facteurs extérieurs », ajoute Laurence Desmazières.

De nombreuses formations sont proposées sur des sujets variés comme calculer son coût de revient, évaluer la valeur de sa ferme, oser travailler sur sa stratégie, mieux communiquer avec ses salariés…

Entre idéaux et réalité économique

Miren, jeune ouvrière agricole dans le Pays basque, a participé à une formation de 8 jours, étalée sur un an et demi pour construire son projet d’installation en arboriculture.

« On travaille sur les fondamentaux en mettant tout à plat. On se pose des questions sur le long terme, sur l’adaptation aux événements extérieurs que je n’avais pas du tout envisagée. C’est une formation pilier pour la suite », explique-t-elle.

Cette formation permet aussi de prendre conscience des écarts entre les idéaux et les chiffrages économiques, notamment pour ceux qui ne connaissent pas le monde agricole. « Certains abandonnent leur projet d’installation… », souligne le formateur.

À l’heure où de plus en plus d’agriculteurs recherchent de l’autonomie dans leur prise de décision, le nombre d’Afocg augmente. Deux nouvelles associations sont en construction dans l’Île-de-France et dans le Limousin. Le réseau réunit près de 2 400 fermes adhérentes, soit 3 000 agriculteurs, dans 21 départements.

Aude Richard