« Ce n’est pas un plan social, ce sont des départs à la retraite et des départs naturels », a indiqué la direction de l’Office national de la forêt (ONF) à l’AFP. Les suppressions de postes se feront en tenant compte « des enjeux stratégiques de l’établissement », dont le « maillage territorial est préservé », précise-t-elle.

Annonce ministérielle

Cette annonce a été faite le 10 juin 2021 par les cabinets de différents ministères, dont celui de l’Agriculture, ministère de tutelle de l’établissement, lors d’une réunion au sujet du prochain contrat d’objectifs et de performances (COP) 2021-2025, avec la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor), a indiqué cette dernière dans un communiqué vendredi.

« Les annonces qui nous ont été faites sont inacceptables ! », a déclaré la FNCofor, selon laquelle une « contribution supplémentaire des collectivités au financement de l’ONF » a été demandée.

Un projet d’augmentation de la contribution des communes

« Le projet d’augmentation de la contribution des communes s’élèverait à près de 30 millions d’euros, selon la FNCofor. Pour faire bon poids, le futur COP État-ONF prévoit la suppression de près de 500 emplois temps plein à l’ONF. Payer plus pour avoir moins ! »

Cette annonce vient confirmer des craintes exprimées au début de février par l’intersyndicale de l’ONF. Elle avait estimé que cette décision était « de nature à amplifier gravement la dégradation des conditions de travail et à porter atteinte à la santé des personnels de l’ONF ».

L’intersyndicale avait notamment souligné que « le changement climatique et le dépérissement des forêts vont nécessiter de plus en plus de travail pour assurer le suivi sanitaire et le renouvellement des peuplements forestiers ».

Le volet agricole du plan de relance engagé par la France prévoit 200 millions d’euros pour la forêt, dont 150 millions d’euros pour reboiser des forêts parfois gravement touchées par la sécheresse et des attaques d’insectes sur les arbres, comme les scolytes. Ce budget tranche par son ampleur avec les moyens engagés ces dernières années pour le reboisement.

Une « subvention exceptionnelle » du ministère de l’Agriculture

Le ministère de l’Agriculture a indiqué à l’AFP avoir mobilisé 60 millions d’euros de « subvention exceptionnelle » afin de « soutenir l’ONF et renforcer la subvention d’équilibre », dans le cadre du COP, lesquels viennent s’ajouter aux 31 millions d’euros versés dans le cadre du plan de relance à l’ONF pour financer les forêts qui ont subi des crises sanitaires.

« On va essayer de renforcer cette partie-là », a indiqué le ministère, qui a ajouté que la subvention d’équilibre d’environ 150 millions d’euros versée chaque année à l’établissement a par ailleurs été reconduite pour les cinq prochaines années.

À la fin de 2020, l’ONF employait 8 400 personnes, dont environ la moitié sont des fonctionnaires ou des contractuels de droit public. Les forêts publiques représentent environ 25 % des forêts françaises.

AFP