C’est dans un verger couvert de panneaux photovoltaïque sur la commune de Bellegarde (Gard) que l’assureur et son partenaire ont lancé ce fonds le 5 juin 2019. Pour l’occasion, ils avaient invité François de Rugy, ministre de la Transition écologique, qui a vu là l’occasion de défendre la complémentarité entre les transitions énergétique et agricole.

« Financer la transition vers une agriculture biologique »

« La production d’énergie renouvelable permettra aux exploitants agricoles, nouveaux ou en conversion, de financer la transition vers une agriculture biologique pour répondre à une demande en forte croissance et de s’investir dans un projet viable à long terme, affirment les deux partenaires. Cette agriculture non intensive revalorisera le sol et permettra de créer des emplois non délocalisables. »

« La logique, ce n’est pas de manger les terres agricoles pour y mettre à la place des panneaux photovoltaïques, a déclaré François de Rugy, répondant aux craintes exprimées par le maire de Bellegarde. Ici nous avons un exemple de complémentarité entre activités agricoles et ombrières solaires photovoltaïques », qui permettent de protéger 9 hectares de cerisiers et d’abricotiers de la grêle et des épisodes cévenols, a plaidé le ministre.

« La production d’énergies renouvelables va permettre aux exploitants agricoles de financer, par exemple, leur transition vers l’agriculture biologique », a complété Éric Scotto, P-DG d’Akuo Energy, à l’origine en 2010 de cette solution mêlant transitions énergétique et agricole. La Maif va engager 50 millions d’euros dans un premier temps, avec l’objectif de monter « rapidement à 400 millions d’euros », a précisé Pascal Demurger, son directeur général.

Changer d’échelle

Pour l’assureur, cet accompagnement financier « est le seul moyen de passer à une grande échelle en France sur les deux transitions, agricole et écologique ». Et François de Rugy veut promouvoir ce type de « pari innovant : Ce n’est pas en restant arc-bouté sur l’existant que l’on construit l’avenir. Des choses que l’on pense folles à un moment donné prennent le relais d’activités anciennes, amenées à décroître. Il est important que des acteurs de la finance s’engagent dans le financement de cette transition énergétique. Il n’y a pas que l’argent public qui doit contribuer. »

E.R., avec l’AFP