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Les industriels paient « Cash » leur silence

Filière laitière
 - Les industriels paient « Cash » leur silence

Les deux plus gros industriels laitiers français, l’un privé (Lactalis) et l’autre coopératif (Sodiaal), étaient en position d’accusés hier soir dans l’émission Cash investigation intitulée « Produits laitiers : où va l’argent du beurre ? », diffusée sur France 2.

Les représentants de Lactalis et Sodiaal, confrontés aux questions d’Élise Lucet, la journaliste vedette de l’émission Cash Investigation, ont dû passer un mauvais moment. Ils semblaient bien peu à l’aise pour répondre à ses questions, très accusatrices en général. La communication de crise n’est le fort ni de l’un, ni de l’autre, même si tous deux ont réagi en créant des comptes Twitter pour Lactalis et en publiant un communiqué sur son site internet pour Sodiaal.

« Il est où, le pognon ? ! »

Soumis à un feu roulant de questions et de mises en cause, Damien Lacombe, président de Sodiaal, n’a visiblement pas pu convaincre Élise Lucet. Ni même eu le temps d’expliquer de façon intelligible aux téléspectateurs en quoi consistent un prix A et un prix B, ou de répondre à la question d’un éleveur, lors d’une manifestation : « Il est où, le pognon ? ! » La coopérative répond aujourd’hui dans un communiqué aux « allégations » de l’émission (lire l’encadré)..

Quant à Lactalis, le groupe a ouvert hier un compte Twitter et multiplié les tweets pour répondre aux accusations diverses. Mais avec ses 1 800 abonnés,  quel poids pèse-t-il face aux 109 000 abonnés de « Cash » et à ses millions de téléspectateurs ?

Communiquer, c’est un métier !

Sodiaal réfute les accusations

« L’ADN de Sodiaal, c’est la transparence », rétorque la coopérative dans un communiqué.

• « Au vu du niveau exceptionnel de la crise laitière, Sodiaal a redistribué en 2017 un montant équivalent à 106 % du résultat de 2016 à ses producteurs/adhérents, soit 25 millions d’euros, et non 3,5 millions comme prétendu dans l’émission », explique la coopérative dans son communiqué (voir ci-dessous (*)). Cash Investigation parlait de l’année 2015. Mais il est vrai que la pratique des « ristournes » n’a pas été expliquée aux téléspectateurs, et les chiffres de 2017 non évoqués, les reportages étant antérieurs à la clôture des comptes.

• Sodiaal estime que Cash Investigation fait une « confusion technique entre les comptes sociaux d’une seule entité, Sodiaal International, et les comptes consolidés de l’ensemble de la coopérative. En particulier, le montant de 526 millions d’euros indûment qualifié de « trésor de guerre » ne correspond qu’à un actif au bilan social de Sodiaal International, et non à de la trésorerie. » Malgré ces explications, il n’est pas sûr que les éleveurs, et encore moins les téléspectateurs, s’y retrouvent. La coopérative devra sans doute faire un effort supplémentaire : outre la transparence, elle devra faire preuve de pédagogie.

• « Tous les revenus de la coopérative sont perçus et imposés en France, y compris ceux issus de la marque de yaourts Liberté (1) citée dans le reportage. »

• Sodiaal explique aussi que le système de double prix (A et B) est « destiné à permettre à ceux qui le souhaitaient de produire davantage, sans mettre en péril la rémunération de tous les autres ». Il aurait été mis en place « à la demande des producteurs ».

(1) marque détenue par la société Liberté Marques, domiciliée au Luxembourg, paradis fiscal bien connu. Ses deux actionnaires sont General Mills et Sodiaal via une cascade de sociétés.

(*) téléchargez le communiqué de Sodiaal.

E.C.
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