Le gouvernement est « défavorable » à un projet de taxe sur certains abattoirs, adopté en commission à l’Assemblée dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2015, a déclaré, mercredi 2 décembre, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. « Cette taxe sur les abattoirs, ça n’a jamais été une proposition du gouvernement et nous sommes défavorables à cette taxe, pour que les choses soient claires », a souligné M. Le Foll lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député du Morbihan Philippe Le Ray (Les Républicains).

Le projet concerne les abattoirs dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions d’euros. Un amendement, introduit par deux députés socialistes, créant une taxe de 5 % sur le chiffre d’affaires de ces entreprises à partir du 1er janvier 2016, a été voté la semaine dernière par la commission des Finances de l’Assemblée. Ce nouveau prélèvement est censé « abonder un fonds de soutien conjoncturel aux éleveurs en difficulté », selon ses concepteurs.

Les abatteurs (FNICGV, Culture Viande) et même la FNSEA ont vivement dénoncé le projet ces derniers jours, en faisant valoir son caractère irréaliste eu égard à la situation financière des entreprises de la filière.

À la fin 2014, le volailler breton Tilly-Sabco puis les Abattoirs industriels de la Manche (AIM, spécialisé dans le porc) s’étaient déclarés en cessation de paiement, avant d’être rachetés au prix de nombreux licenciements.