Les excédents d'azote et de phosphore se sont beaucoup réduits en Bretagne depuis 2004 « en raison d'un pilotage plus efficace de la fertilisation », souligne la direction régionale de l'agriculture (Draaf) dans une étude mise en ligne au début de juillet 2013.

Les excédents d'azote sur les sols agricoles bretons ne cessent de diminuer : 120.000 tonnes (t) en 1996, 100.000 t en 2001, 72.000 t en 2004, 40.000 t en 2011-2012. Rapportée à l'hectare de surface agricole utile (SAU), la balance globale azotée s'établit à 26 kg d'azote en 2011, contre 38 kg en 2004. L'explication tient à une meilleure résorption des effluents d'origine organique (lisiers, fumiers) alors que l'utilisation des engrais minéraux « n'a pas évolué depuis 2004 ».

S'agissant du phosphore, de très nets progrès sont également mis en évidence, avec une balance globale passant de 25 kg par hectare de SAU en 2004 à 12 kg/ha en 2011. « Là encore, c'est la résorption qui permet d'améliorer les résultats », souligne la Draaf. La généralisation des phytases (enzymes) dans l'alimentation des volailles et le traitement avec séparation de phases dans les stations de traitement « permettent de réduire le phosphore brut de 23 % ».

Bio, MAE, ZES, couverture des sols : les voies du succès

L'étude observe que l'agriculture biologique et les mesures agroenvironnementales (MAE) « participent positivement à la réduction des excédents ». La balance azotée globale des exploitations « bio » est déficitaire (-30 kg d'azote par hectare) alors qu'elle se situe autour de +28 kg pour les « non-bio ». La balance azotée baisse de moitié dans les exploitations engagées dans des MAE entre 2004 et 2011, mais seulement d'un tiers dans les autres exploitations.

La couverture des sols en hiver s'est nettement améliorée depuis une dizaine d'années : la part de sols nus, qui atteignait 14 % en 2004, ne dépassait plus 4 % en 2011 – ce qui veut dire aussi qu'une marge de progrès subsiste, note la Draaf.

Autre enseignement de l'étude, la réduction de l'azote minéral se révèle « plus forte » dans les zones classées en excédent structurel (ZES) ; de plus, la baisse de la pression de l'azote organique y est « statistiquement significative ». Les auteurs y voient le résultat des « mesures de limitation des tailles d'élevage qui ont été menées en ZES ». Cependant, la balance globale azotée en ZES reste plus élevée qu'ailleurs (30 kg/ha contre 21 kg/ha).

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B.C.