Dans une lettre ouverte du 15 mai 2014 au président de la République, la Confédération paysanne lui demande de choisir entre l'agriculture industrielle de « la ferme-usine » des 1.000 vaches et une agriculture paysanne « renouvelant le lien social » et « l'attractivité des régions ».

Pour le syndicat, la ferme des 1.000 vaches est « le symbole d'un point de non-retour », le début de « l'élimination de l'agriculture à taille humaine ».

« Aujourd'hui, vos discours et vos arbitrages politiques sont l'expression d'un choix. Vous parlez d'agroécologie, d'emploi, mais surtout, sous prétexte d'une prétendue compétitivité, vous vantez la vocation exportatrice de la France, la balance commerciale comme ultime arbitre de vos actions. De fait, vous entérinez le modèle des fermes-usines comme celle des 1.000 vaches », reproche le syndicat à François Hollande.

La Confédération paysanne insiste sur l'incompatibilité d'un tel modèle, « bien loin de la ferme qui produit du lait de qualité, la ferme partie prenante de son territoire, qui fait vivre les paysans », avec une agriculture paysanne dont elle érige le plateau de Millevaches en modèle.

« Vous parviendrez toujours à garder quelques fermes-vitrines pour alimenter les dépliants touristiques, mais notre agriculture aura disparu. L'industrialisation ne peut se poursuivre que par l'élimination de l'agriculture à taille humaine », ajoute le syndicat, qui appelle le président à agir contre « l'accaparement des terres agricoles, la dérégulation des marchés, la disparition du savoir-faire paysan et l'élimination de la biodiversité ».

La Confédération paysanne avertit François Hollande que, face à son inaction, elle continuera à mener des actions, au risque, comme pour la ferme des 1.000 vaches, de se confronter à la justice.

A.F.