L’idée lui est venue en lisant un article sur la détresse des étudiants en cette période de restrictions sanitaires à cause de la pandémie de Covid. Vincent Laubert, éleveur de 80 vaches laitières sur la commune des Écorces dans l’Haut-Doubs, a décidé d’inviter des jeunes dans sa ferme pour les faire profiter « d’un week-end d’oxygénation basé sur la découverte et la convivialité ». Il raconte à La France Agricole.

La ferme de Vincent Laubert se situe près de la frontière suisse, dans la commune des Écorces, dans le Doubs. © Google Maps

Trois jeunes citadins à la ferme

« J’ai vu la détresse des jeunes qui ont perdu leurs jobs étudiants et qui sont confinés pour certains dans 9 m². Avec ma femme, on vit tout le contraire, explique-t-il. On a de la place dans notre ferme entourée de forêts de sapins. »

De ce constat, l’agriculteur de 54 ans a décidé il y a dix jours de demander à un ami journaliste de diffuser son annonce dans un groupe privé sur Facebook. « On a eu sept réponses positives. On a donc décidé de proposer d’abord aux trois premiers qui nous ont répondu », poursuit-il.

Rendez-vous est fixé au week-end prochain, les 6 et 7 février 2021. Il s’agit de « trois garçons de 25 ans étudiants en master qui ne se connaissent pas. Il y a en un de Paris qui est confiné chez sa mère à Belfort, un deuxième de Metz et un troisième de Besançon. Ça va fédérer un peu tout le monde ! », assure-t-il.

Vincent Laubert, éleveur de 80 vaches dans le Doubs, est fier de sa région et son agriculture « familiale et raisonnée ». © Compte Facebook de Vincent Laubert

« Faire une communication positive à notre agriculture »

Au programme : balades, rencontres et découvertes. « Notre ferme est située à 900 mètres d’altitude, près des côtes du Doubs à la frontière suisse, détaille Vincent Laubert avec entrain. C’est une vallée encaissée où on ira se balader. J’avais prévu cette escapade à raquettes, mais la neige a fondu… Ça sera donc à pied ! »

« Puis je vais les emmener déjeuner dans une ferme d’alpage qui appartient à ma famille et qui est restée dans son jus, poursuit-il. Un ami va également nous donner un concert. On va aussi visiter une fromagerie. Comme ça, ils verront dans ma ferme comment on produit le fromage et à la fromagerie comment on le transforme. »

Vincent Laubert envisage ces deux jours comme « un échange. J’ai autant à apprendre d’eux, qu’eux du métier d’agriculteur. Je vois deux objectifs à ce week-end : s’intéresser à ce qu’ils font et se rendre compte de leur mal de vivre, et faire une communication positive par rapport à notre agriculture. »

Car en plus d’offrir un bon bol d’air à trois jeunes étudiants logés et nourris, ce week-end va leur permettre de découvrir la vie à la ferme. Un objectif qui tient à cœur à cet éleveur, fier de son exploitation familiale : « Nous sommes dans une agriculture raisonnée, en AOP Comté, c’est une structure coopérative. »

« Si ça se passe bien, on fera un revival d’ici à quelques mois à la belle saison, peut-être sur une seule journée. L’occasion de débriefer ensemble des mois qui se seront écoulés et de voir si ces deux jours à la ferme les auront un peu aidés », envisage Vincent Laubert, impatient d’être au 6 février prochain.

Oriane Dieulot