« Le recul des positions de la France est général, il concerne les produits agricoles comme ceux des industries agroalimentaires. » La conclusion de l’enquête menée par la Cour des comptes est sans appel : les politiques successives de soutien aux exportations agricoles et agroalimentaires n’ont pas permis à la France de garder sa position de leader mondial.

Un excédent commercial en baisse de 36 % en 10 ans

« Deuxième exportateur mondial dans les années 1990, la France occupe le sixième rang depuis 2015 », constate la Cour. En 2017 le secteur a dégagé un excédent de 5,7 milliards d’euros, soit 36 % de moins qu’en 2007. Si les exportations françaises augmentent, tirées par les boissons, les céréales et le lait, les importations croient de façon plus importante.

Diagnostic insuffisant

La Cour estime que les ministères concernés par ces exportations (Agriculture, Économie et Affaires étrangères) n’ont pas réussi à donner un « diagnostic satisfaisant et partagé » pour expliquer les raisons de cette baisse de compétitivité.

Neuf plans stratégiques sans succès

Si les gouvernements successifs ont cherché à améliorer la situation en mettant en place neuf « plans stratégiques », leur mise en œuvre « a fait l’objet de peu d’attention et aucun bilan n’a été établi », constate le rapport. Le trop grand nombre d’acteurs soutenant les exportations françaises et le manque de simplicité sont également mis en avant.

Une « marque France »

La Cour des comptes a formulé plusieurs recommandations au gouvernement, et notamment la définition et la promotion d’une « marque France » ayant pour vocation de fédérer tous les acteurs de la filière, privés et publics à l’international.

B. Quantinet