Les éleveurs présents à Eurotier rencontrent des problèmes spécifiques à leurs grosses structures. L’un des plus récurrent est celui de la difficulté à trouver de la main-d’œuvre qualifiée, soit parce qu’elle est rare comme en Allemagne, soit parce que les salaires ne sont pas assez attractifs, à l’image de la Russie.

Les tâches quotidiennes sont donc réalisées par des salariés peu qualifiés, qui connaissent mal le troupeau et restent peu de temps sur l’exploitation. Dans ces conditions, le chef d’exploitation ne peut pas compter sur son personnel pour ajuster la quantité de lait des veaux, détecter un comportement anormal ou administrer les traitements au cas par cas.

Une programmation en amont

Cette situation, les fabricants d’équipements d’élevage l’ont bien comprise et ils proposent tous des machines « intelligentes », capables d’identifier l’animal avec son collier ou sa puce RFID et de lui distribuer la dose programmée. Cela implique que l’éleveur ou son responsable d’élevage consacrent du temps à la programmation du système en amont, après analyse des données collectées par les robots de traite, les systèmes d’évaluation de l’état corporel ou les capteurs de consommation de lait.

De son côté, le salarié se contente de parcourir les bâtiments avec son taxi à lait ou sa station de traitement, sans réfléchir ni poser un œil averti sur le troupeau. Une pratique qui a le mérite de résoudre le problème de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée mais ne contribue pas à valoriser le métier de salarié en élevage, ni à susciter des vocations.

C. Le Gall