Entre 500 et 800 €/ha de baisse de chiffre d’affaires : avec des rendements en blé qui atteignent à peine 40 q/ha dans de nombreuses parcelles, soit deux fois moins que les rendements historiques, la baisse de chiffre d’affaires par hectare est colossale, dans l’Eure-et-Loir.

« Sur une exploitation moyenne de 120 ha, la perte de chiffre d’affaires est de 96 000 €. Ce chiffre donne un ordre de grandeur de l’ampleur du désastre. Le plan de soutien pour l’élevage aidait les exploitations à hauteur de 2 700 €. Là, il va falloir changer de paradigme. Le soutien de l’État est indispensable », insiste Eric Thirouin, le président de la chambre d’agriculture de l’Eure-et-Loir.

Face à la situation, toutes les organisations professionnelles se mobilisent. Une réunion de crise s’est tenue ce mercredi matin, à Chartres. D’autres devraient suivre en août et septembre pour mettre en place des audits d’exploitations ou des soutiens financiers avec les banques ou les coopératives.

Décalage de paiement pour les intrants

La Scael a d’ores et déjà annoncé un plan d’actions pour soutenir ses adhérents. La coopérative de l’Eure-et-Loir souhaite permettre à ses sociétaires d’investir pour la prochaine campagne. Elle propose un décalage de paiement des intrants de 120 jours, à la place des 30 jours habituels, sans frais. Les semences pourront être payées à la moisson de 2017.

« Les grains fusariés risquent de compromettre les qualités germinatives des semences de ferme. Nous souhaitons que les agriculteurs puissent utiliser les semences certifiées, sans que cela ne pèse sur leur trésorerie », explique Philippe Voyet, le président de la Scael.

Avance de trésorerie

Du côté de la commercialisation, même démarche. La coopérative propose une avance de trésorerie contre un engagement de livraison. L’objectif est de laisser les agriculteurs libres de saisir les opportunités de marché et non de vendre leurs céréales par besoin de trésorerie. La Scael avait déjà anticipé les éventuelles difficultés de ses adhérents en activant le dispositif Trésagri, dès avril.

D’autres actions pourraient suivre, comme le souligne Cédric Burg, directeur général de la Scael. « Nous pourrons proposer d’autres dispositifs en lien avec les organisations professionnelles du département, ou d’autres coopératives. La crise est tellement grave qu’il faudra que l’on s’adapte en temps réel, en travaillant tous ensemble. »

Aude Richard