Une étude de l’Insee publiée le 5 décembre 2017 démontre que la performance économique des exploitations bio spécialisées est meilleure que celle des structures menées en conventionnel. Elle porte sur un échantillon assez conséquent qui regroupe les résultats de 2013 de 1 790 exploitations spécialisées en agriculture biologique (AB).

En voici les principaux résultats concernant trois systèmes de production. En maraîchage de plein air, une meilleure maîtrise des charges permet d’atteindre un EBE/ha (1) de 3 300 € contre 2 500 € en conventionnel. Le chiffre d’affaires est en moyenne de 10 900 € en AB contre 12 500 €/ha en conventionnel, mais les charges, notamment les intrants, sont inférieures, avec 6 300 €/ha en AB contre 8 100 € en conventionnel.

Le document révèle une grande disparité des résultats due à la forte diversité des exploitations en AB. 25 % des exploitations légumières bio dégagent moins de 1 800 € d’EBE/ha et 25 % plus de 7 900 € d’EBE/ha.

Selon les experts, en production laitière, le chiffre d’affaires en AB est de 3 400 € par vache soit 10 % de moins qu’en conventionnel. La productivité par vache est généralement pus faible de 20 à 25 % en AB. L’EBE est cependant d’environ 1 700 € par vache, soit 20 % de plus qu’en conventionnel. Les charges, notamment les frais d’alimentation, sont inférieures de 20 %. Les élevages laitiers en AB sont plus extensifs et valorisent davantage leurs surfaces fourragères. Il est à noter que depuis 2013, le prix du lait en conventionnel a fortement baissé et le différentiel de prix s’est accru en faveur du lait bio.

En viticulture, l’EBE/ha en AB est de 6 400 €/ha contre 3 700 €/ha en conventionnel. Le chiffre d’affaires est largement supérieur en AB : 17 000/ha, soit 46 % de plus qu’en conventionnel, mais les charges, notamment les frais de main-d’œuvre, sont supérieures en AB. L’étude relève de fortes disparités entre les différents bassins viticoles.

La part des aides bio

Selon l’étude de l’Insee, la part des aides bio représente de 20 à 30 % des subventions totales.

Dans l’échantillon étudié, en maraîchage et en viticulture les aides bio représentent près d’un tiers des subventions totales. Elles sont de 190 €/ha pour un maraîcher de plein air et de 130 €/ha pour un viticulteur. Pour autant, dans ces deux systèmes de production, l’importance des subventions dans les résultats économiques est réduite : elles représentent moins de 20 % de l’EBE en production maraîchère et 6 % en viticulture. En production laitière, les aides bio représentent seulement 20 % des aides totales et atteignent 150 € par vache.

Les circuits courts principaux débouchés

D’après les résultats de l’Insee, les exploitations en AB ont davantage recours à la commercialisation par circuits courts, surtout en maraîchage. Plus de 90 % des maraîchers bio commercialisent en circuit court, et 8 sur 10 réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires via ce mode de commercialisation.

Une meilleure rentabilité des capitaux

L’étude démontre également un meilleur retour sur investissement en agriculture biologique. Le rapport EBE/capitaux permanents (2) est de 64 % pour les maraîchers bio contre 47 % en conventionnel. L’écart est moindre en production laitière et en viticulture, dont la rentabilité des capitaux est de 41 % en maraîchage AB contre 38 % en conventionnel et de 24 % en viticulture AB contre 20 % en conventionnel.

Marie Salset

(1) EBE : excédent brut d’exploitation.

(2) Capitaux propres et emprunts à long et moyen terme.