Pour faire en sorte de réduire les impacts des pratiques agricoles sur l’environnement et « maximiser » ses services rendus, notamment vis-à-vis du climat, une étude de l’Ademe (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), parue le 3 octobre 2016, rappelle que l’enjeu est avant tout financier. Il impose, selon elle, une revalorisation des produits issus de modes de production plus respectueux de l’environnement.

Son analyse montre plus précisément qu’une revalorisation de leurs prix de l’ordre de 10 à 20 % (par rapport aux prix de 2010) permettrait de faire converger la performance environnementale des exploitations agricoles avec leur performance socio-économique.

Des consommateurs prêts à payer plus

Pour ce faire, elle identifie plusieurs leviers : la rémunération des services rendus par l’agriculture « dont les modalités juridiques de mise en œuvre restent à étudier », la labellisation des produits associée à une revalorisation des prix, « ce qui suppose une mobilisation financière des consommateurs qui doivent être prêts à payer davantage les produits selon les pratiques environnementales », ou encore l’emploi de critères environnementaux dans la commande publique.

Pour un observatoire des coûts des pratiques agricoles

L’Ademe plaide ainsi en faveur de la mise en œuvre de systèmes de paiements pour les services environnementaux rendus par les acteurs privés, et d’un meilleur encadrement et accompagnement, par les pouvoirs publics, des systèmes profitables à l’environnement.

Seulement, il faudra aussi mieux les caractériser : l’agence souligne « le réel manque de données » pour définir socio-économiquement les modes de production et les pratiques agricoles, notamment ceux considérés comme plus respectueux de l’environnement. Elle prône dans ce sens la mise en place d’un observatoire des coûts des pratiques agricoles, « afin de suivre dans le temps, sur un échantillon large d’exploitations et via quelques variables clefs faciles à renseigner, les coûts associés aux pratiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Elle plaide enfin en faveur d’un renforcement du suivi des exploitations bio dans les différentes enquêtes actuellement menées.

Rosanne Aries