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Étrange mur païen

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En Alsace - Étrange mur païen
À son origine, le mur atteignait, par endroits, une hauteur de 5 mètres. © H. Roy

Un mur monumental entoure le plateau du mont Sainte-Odile, en Alsace. Sa présence à 700 m d’altitude reste entourée de mystère.

Accéder au mur païen est enfantin. Depuis le parking des tumuli, le sentier vient à peine de plonger dans la forêt que déjà l’œil accroche ses premiers vestiges. Des blocs de grès parfaitement agencés délimitent la porte Zumstein. Le mur s’interrompt sur un jet de pierre. Il reprend pour serpenter entre hêtres et sapins, myrtilliers, fougères et bruyères, en s’appuyant sur la roche existante. Le sommet de presque 2 mètres de large de l’édifice permet de s’y promener comme sur un chemin de ronde.

La construction s’étend au total sur dix kilomètres et demi. Et sur une hauteur atteignant jusqu’à 3 mètres par endroits, se juxtaposent quelque 300 000 blocs de grès rose assemblés par des tenons de chêne taillés en queue-d’aronde. Le mur païen est un ouvrage herculéen. Les pierres les plus lourdes dépassent la tonne.

De nombreux circuits de randonnée, bien balisés, existent. © H. Roy

Qui en est à l’origine ? Il circule presque autant d’hypothèses que le nombre d’historiens, d’archéologues et de passionnés qui ont usé leurs semelles en parcourant l’édifice. La datation récente du bois des tenons fait remonter sa construction à l’époque mérovingienne, vers 675 après J.-C. Mais, « il prend appui sur une enceinte beaucoup plus ancienne », assurent les perplexes, qui estiment que ses bâtisseurs vivaient à l’âge de bronze.

À quoi servait-il ? Ouvrage de défense ou lieu de culte ? Aucun élément ne fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La seule certitude concerne son nom : c’est le pape Léon IX (1002-1054) qui l’a baptisé « mur païen ».

Dans son écrin forestier, le mur, classé monument historique dès 1840, demeure une destination idéale pour une balade familiale. Sa partie nord est la mieux conservée. Une petite portion du circuit sud propose un condensé des spécificités de l’ouvrage. Le relief est sans difficulté particulière. Le balisage signale les tombes mérovingiennes et la grotte des druides. L’itinéraire se raccourcit pour qui se sent fatigué. Les bons marcheurs peuvent pousser à proximité, vers les ruines des châteaux du Hagelschloss et de Dreistein, ou s’offrir une vue imprenable sur la plaine d’Alsace depuis le rocher promontoire du Maennelstein. Au retour, l’immense clairière du versant ouest, au pied du couvent, est idéale pour pique-niquer ou se prélasser.

Henri Roy

Pratique

Pour y accéder

• À pied : sentier des pèlerins au départ d’Ottrott.

• En voiture : par D 33, D 426 ou D 109. Départ sur le parking du Sainte-Odile.

• Balisage : chevalet jaune.

Pour séjourner

Hostellerie du Mont Sainte-Odile, chambre à partir de 71 €.

Se renseigner

• Office de tourisme intercommunal du mont Sainte-Odile, tél. : 03 88 50 75 38 ou info@tourisme-obernai.fr

• Site www.mso-tourisme.com

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Cet article est paru dans La France Agricole

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