Les organisateurs auront tremblé jusqu’au dernier moment mais finalement, les moissonneuses-batteuses ont pu évoluer dans le maïs. Le Farm Progress Show, qui se tenait du 27 au 29 août, est le plus grand salon mondial de démonstrations de machines agricoles. Cet Innov-Agri sous stéroïdes se déroule alternativement dans trois États de la corn-belt américaine : l’Iowa, l’Indiana et pour cette édition 2019, l’Illinois.

Chaque année, des dizaines de milliers de farmers débarquent de tous les États ruraux du centre des États-Unis et du Canada pour admirer les moissonneuses-batteuses, les tracteurs et les machines de travail du sol à l’œuvre. Mais cette année le cœur n’y est pas. Non seulement les prix et les perspectives à l’exportation sont plombés par la guerre commerciale avec la Chine mais la récolte s’annonce calamiteuse.

Sécheresse et inondations, le combo fatal

Dans ces États où soja et maïs constituent l’essentiel de la rotation, les agriculteurs ont été touchés par les inondations et la sécheresse. Le soja, qui a longtemps gardé les pieds dans l’eau au début de sa croissance, accuse un retard sans précédent. De nombreux farmers s’inquiètent de ne voir aucune graine verte apparaître dans les gousses.

Pour le maïs, c’est la date de semis trop tardive en raison des inondations, suivie par un manque d’eau, qui préoccupe les agriculteurs. Dans les États les plus septentrionaux, une course contre la neige se profile et les photos de moissonneuses-batteuses et ensileuses sur fond blanc risquent de fleurir sur les réseaux sociaux.

Une variété 77 jours

Pour sauver ce qui pouvait l’être, les agriculteurs ont joué sur les variétés. Alors que les organisateurs du Farm Progress Show sèment habituellement un maïs 90 jours pour les démonstrations du salon, c’est une variété 77 jours qui a été choisie en catastrophe cette année, avec l’espoir d’obtenir une culture moissonnable à la fin d’août.

Sans surprise, les rendements ne sont pas au rendez-vous et, selon les premiers chiffres, accusent une baisse d’au moins 25 % par rapport à la moyenne de l’exploitation. Les taux d’humidité battent des records mais les démonstrations ont pu se tenir, ce qui est l’essentiel pour les visiteurs.

Toutefois, afin de s’assurer des parcelles libres pour faire évoluer les déchaumeurs et les semoirs, une ensileuse a été appelée en renfort à la veille du salon. Elle a rapidement avalé les hectares de maïs les plus immatures et fait place nette. Ça, c’est pour le salon ! On attend désormais de voir les résultats sur les exploitations des visiteurs. Ils viennent d’avoir un avant-goût de la catastrophe annoncée.

Corinne Le Gall