L’administration du président Joe Biden a dévoilé ce lundi 3 janvier 2022 un plan d’action qui vise à mettre davantage de concurrence dans l’industrie américaine de la viande. En cela, affirme la Maison Blanche dans un communiqué de presse, en raison de « la domination de quelques grandes entreprises » qui en profitent pour faire monter les prix pour les consommateurs tout en comprimant le revenu des éleveurs.

Une trop grande concentration des entreprises

Mis en place « pour une chaîne d’approvisionnement en viande et volaille plus juste, plus compétitive et plus résiliente », le plan d’action Biden-Harris intervient après la signature en juillet 2021 d’un décret sur la promotion de la concurrence dans l’économie américaine.

La Maison Blanche estime que le secteur est « un cas d’école » des méfaits d’une trop grande concentration. Elle rappelle qu’en matière de conditionnement et de transformation de la viande de bœuf, les quatre plus grandes entreprises aux États-Unis contrôlent 85 % du marché. La proportion est de 54 % sur le marché de la volaille et de 70 % sur le marché de la viande de porc.

Conséquence directe, « lorsque trop peu d’entreprises contrôlent une si grande partie du marché, nos chaînes d’approvisionnement alimentaire sont sensibles aux chocs », comme celui de la crise sanitaire du Covid-19.

Et la Maison Blanche de préciser : « Il y a cinquante ans, les éleveurs gagnaient plus de 60 cents sur chaque dollar dépensé par un consommateur en bœuf, contre environ 39 cents aujourd’hui. De même, les éleveurs de porcs touchaient de 40 à 60 cents pour chaque dollar dépensé il y a 50 ans, contre environ 19 cents aujourd’hui. »

Un plan d’action à un milliard

Quatre stratégies de base sont comprises dans le plan. Pour les mener à terme, l’administration Biden va libérer un milliard de dollars d’argent public. Cette somme vise à soutenir, de différentes manières, le développement d’infrastructures de transformation et de conditionnement de la viande « indépendantes », notamment en ce qui concerne l’abattage.

À titre d’exemples, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) financera :

  • Jusqu’à 375 millions de dollars de subventions « pour des projets d’usines de traitement indépendantes qui répondent à un besoin avéré de capacité de traitement plus diversifiée » ;
  • Jusqu’à 275 millions de dollars en partenariat avec des prêteurs « pour combler le déficit d’accès au crédit » ;
  • 100 millions de dollars « pour rendre disponible immédiatement plus d’un milliard de dollars de prêts garantis ».

L’administration fédérale veut également « renforcer les règles qui protègent les fermiers, les éleveurs et les consommateurs », qui ont, selon elles, été assouplies pendant la présidence de Donald Trump.

La Maison Blanche promet par exemple de revoir les règles d’attribution du label « Produit des États-Unis » (Product of USA), qu’il est possible actuellement d’utiliser pour de la viande qui n’a été que transformée sur le territoire américain, et qui provient de bêtes élevées à l’étranger.

Joe Biden vent debout contre les monopoles

L’exécutif américain, confronté à une forte inflation qui mine la popularité du président Joe Biden, a fait du renforcement de la concurrence entre entreprises, dans plusieurs secteurs, l’un de ses grands axes de politique économique.

Avant l’industrie de la viande, l’administration Biden avait déjà dans son viseur le secteur des hydrocarbures, reprochant aux grandes entreprises de ne pas répercuter à la pompe la baisse du cours du pétrole.

Oriane Dieulot, avec l’AFP