La présence d’un nouvel envahisseur, nommé Obama nungara, vient de donner lieu à une étude scientifique réalisée par une équipe internationale dirigée par Jean-Lou Justine, de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (Isyeb — Muséum national d’histoire naturelle, SU, CNRS, EPHE, UA). Il s’agit de la première étude de cette invasion, publiée dans un article paru le 6 février 2020 dans la revue en libre accès PeerJ1.

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Les trois quarts du territoire français contaminé

Selon le Muséum national d’histoire naturelle, plusieurs espèces invasives de Plathelminthes, ou vers plats, ont déjà été signalées en France, dont le ver plat de Nouvelle-Guinée, Platydemus manokwari, et les vers plats géants d’Asie à tête en forme de marteau. Cependant, elles n’ont été trouvées pour la plupart que dans une partie limitée du pays.

Mais l’espèce Obama nungara2 se propage plus largement, notamment grâce au commerce de plantes en pot. En effet, les observations de cette espèce en France, principalement basées sur la science participative, incluent le nombre impressionnant de 530 signalements vérifiés reçus de 2013 à 2018.

Les résultats montrent que l’espèce a envahi 72 des 96 départements de France métropolitaine, soit les trois quarts de la surface du territoire ; elle est particulièrement abondante le long de la côte atlantique et de la côte méditerranéenne et semble préférer les basses altitudes.

Une menace pour la biodiversité

Des études moléculaires montrent que ces animaux, qui ont également largement envahi l’Europe, proviennent d’Argentine.

La grande dispersion de l’espèce et son abondance locale, mais aussi le fait que ce soit un prédateur des animaux du sol (vers de terre, escargots…) font d’Obama nungara une menace potentielle pour la biodiversité et l’écologie des sols en Europe. Les auteurs estiment qu’il s’agit de l’espèce la plus préoccupante de tous les vers plats terrestres envahissants présents en Europe.

Renaud d’Hardivilliers