Alors que la consultation publique du projet d’arrêté suspendant temporairement l’interdiction de broyage et de fauchage de 40 jours des jachères se termine ce 16 mai 2022, les chasseurs manifestent leur incompréhension. Le 31 mars, un arrêté avait déjà été pris pour permettre aux exploitants agricoles d’exploiter leurs terres déclarées en jachère dans le cadre de la Pac.

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Des dégâts de gibier « potentiellement » en hausse

« Depuis toujours, les chasseurs se sont engagés en faveur de la biodiversité et travaillent avec le monde agricole pour valoriser les parcelles non cultivées, que ce soit avec les jachères environnement faune sauvage, les jachères fleuries, les bandes enherbées ou Agrifaune, par exemple. Cette dérogation remet en cause ces actions communes », explique la Fédération nationale des chasseurs (la FNC) dans un communiqué du 13 mai 2022.

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La FNC intervient dans le cadre du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage appelé à donner son avis sur le projet d’arrêté. Même si elle « comprend bien, au regard de la guerre en Ukraine mais aussi des enseignements de la crise du Covid, la nécessité pour la France d’avoir une agriculture forte et d’être autonome sur le plan alimentaire », exploiter les jachères qu’elle qualifie « de mauvaises terres agricoles » n’est pas la solution.

La FNC prévient qu’augmenter la part de terres cultivées reviendrait à augmenter « potentiellement les dégâts de grands gibiers » et le coût de l’indemnisation des dégâts qu’elle estime déjà avoir atteint « un niveau insupportable ».

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Alexis Marcotte