« L’Union européenne doit prendre d’importantes mesures pour produire davantage d’électricité d’origine éolienne et solaire et atteindre ses objectifs concernant les énergies renouvelables, affirme la Cour des comptes dans le rapport qu’elle publie ce 6 juin 2018. Les secteurs de l’énergie éolienne et de l’énergie solaire ont tous deux enregistré une forte croissance depuis 2005, mais connaissent un ralentissement depuis 2014. »

Soutenir le développement

La Cour des comptes invite donc la Commission européenne à « inciter les États membres à soutenir la poursuite du développement de ces énergies renouvelables ». Pour rappel, l’objectif de l’Union européenne est de produire en 2020, un cinquième de son énergie à partir de sources renouvelables pour les secteurs de l’électricité, du chauffage et du refroidissement, ainsi que des transports. Et les auditeurs estiment que remplir ces objectifs sera un véritable défi pour la moitié des États membres.

Les auditeurs de la Cour des comptes soulignent dans leur rapport que « les régimes d’aide initiaux avaient parfois permis des subventionnements excessifs, avec pour effet une augmentation des prix de l’électricité ou des déficits publics. Après 2014, lorsque les États membres ont finalement baissé les niveaux d’aide pour réduire la charge pesant sur les consommateurs et les budgets nationaux, la confiance des investisseurs a diminué et le marché a connu un ralentissement. »

Des investisseurs moins confiants

C’est ce revirement des investisseurs qui fait craindre à la cour des comptes que l’objectif des 20 % fixé pour 2020. Parmi les leviers qu’elle propose à la Commission européenne, la Cour des comptes recommande d’améliorer les conditions de déploiement de ces énergies renouvelables. Et notamment de remédier « à certaines règles d’aménagement du territoire particulièrement restrictives, à la lenteur des procédures administratives et aux insuffisances des réseaux, notamment ».

Les auditeurs ont aussi souhaité attirer l’attention de la Commission sur les objectifs fixés pour 2030, à savoir au moins 32 % d’énergies renouvelables. Ils estiment qu’ils pourraient « être difficiles à atteindre en l’absence d’objectifs nationaux contraignants. Ils préviennent également que, pour que cet objectif puisse être atteint, d’importants fonds nationaux publics et privés devront être investis en complément du financement de l’UE faisant l’objet du rapport. »

E.R.