Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), EDF ou encore Greenpeace mettent cette semaine le gouvernement et la présidence de la République sous pression. Si l'approche de la COP 21 aiguise les ambitions, la France reste en dessous des objectifs qu'elle affiche. Et les mesures, tant pour le monde agricole que pour les filières du renouvelable, tardent à être prises.

La loi sur la transition énergétique promulguée ce 18 août, une grande attente entoure les textes d'application, annoncés au compte-goutte, et primordiaux pour les filières et les producteurs d'énergies renouvelables (ENR). Preuve en est, le SER souligne jeudi matin en conférence de presse que la part de 23 % de consommation finale d'ENR ne sera atteinte, selon ses projections, qu'en 2023 au lieu de 2020 dans la loi. Il regrette aussi le temps pris ou la faible lisibilité du parcours des réformes. Notamment en ce qui concerne la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), outil établissant des objectifs et des trajectoires de production pour les filières électriques et thermiques, et mis en place par la loi sur la transition énergétique.

Le premier exercice de cette PPE doit s'établir sur les périodes 2016-2018 et 2019-2023. Mais selon Damien Mathon, délégué général du SER, « la concertation pour la PPE prend du temps. La mise en place du complément de rémunération aussi. Il faut les lancer au plus vite ». D'autant que le syndicat s'attend à une mauvaise année 2016 pour le photovoltaïque, notamment dus à des appels d'offres manquants, et un redémarrage seulement en 2017.

EDF vise un complément fort du nucléaire par le renouvelable

De son côté, EDF annonçait au début de la semaine vouloir doubler sa production d'énergies renouvelables en France et en Europe d'ici à 2030, « c'est-à-dire passer de 28 gigawatts à plus de 50 » expliquait alors un dirigeant dans le quotidien « Les Echos ». Avant d'ajouter : « Nous consacrerons aux énergies renouvelables le maximum d'investissement sans remettre en cause les ressources nécessaires pour moderniser ou renouveler le parc nucléaire. » Pour ce qui est des ONG, Greenpeace publiait lundi une étude sur les retombées économiques et sociales des ENR sur quatre territoires français. L'ONG profitait de cette publication pour interpeller le président de la République, lui demandant de doubler le rythme de développement des énergies renouvelables. Une pétition sur le sujet est en ligne. Greenpeace publiait enfin lundi son scénario vers 100 % d'ENR d'ici à 2050. Des projections qui, tant pour EDF ou Greenpeace, et dans l'attente des arrêtés et des cahiers des charges des dispositions de la loi sur la transition énergétique, semblent très loin d'être réalisées.

Vincent Gobert