Le gestionnaire du réseau français de distribution électrique Enedis a dévoilé le 12 avril 2021 ses prospectives pour 2050. Quatre scénarios ont été retenus, allant de la stagnation économique, avec une transition écologique ralentie, à la « rupture », avec une croissance économique et démographique, et un développement soutenu des énergies renouvelables.

Anticiper les pics de sollicitation du réseau

Les principaux enjeux seront le stockage saisonnier de l’énergie et l’adaptation des horaires de consommation aux pics de production du solaire et de l’éolien. Aujourd’hui, les principales difficultés du réseau ont lieu quand la demande est très forte, en hiver notamment.

À l’avenir, il faudra en plus compter avec un réseau fortement sollicité dans l’autre sens, lorsque soleil et vent seront au rendez-vous et que l’injection d’électricité sera forte et décentralisée.

L’idée d’une future incitation tarifaire pour mettre en phase ces périodes a été évoquée, mais rien de précis n’est encore défini. On peut imaginer à l’avenir des heures creuses dans l’après-midi, lorsque la production photovoltaïque est maximale, mais que la demande est basse.

Une croissance modérée de la demande

« Ce ne sont pas des prévisions, mais des prospectives, insiste Dominique Lagarde, directeur de la stratégie d’Enedis. Il s’agit d’anticiper les besoins en infra­structures qu’auraient les scénarios les plus exigeants avec le réseau électrique. »

Les projections tablent sur une croissance de la demande de 0,3 à 1,2 % par an. Les nouveaux usages électriques, notamment pour le transport, augmenteront les besoins, tandis que l’amélioration de l’efficacité énergétique et la rénovation devraient tempérer cette hausse.

2 à 8 milliards d’euros investis par an

Des investissements seront néces­saires, mais Enedis est confiant dans sa capacité à accompagner la transition énergétique. Selon les scénarios, les dépenses annuelles du gestionnaire de réseau iront de 2 milliards d’euros, comme c’est le cas aujourd’hui, jusqu’à une fourchette de 6 à 8 milliards pour le scénario le plus ambitieux.

Gildas Baron