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Macron salue ceux qui « approvisionnent les Français »

En visite dans un Gaec - Macron salue ceux qui « approvisionnent les Français »
Emmanuel Macron rend visite à un Gaec dans le Finistère ce 22 avril 2020. © Cédric Faimali/GFA

Emmanuel Macron s’est rendu cet après-midi en Bretagne pour visiter une exploitation agricole et un supermarché afin de saluer le travail des agriculteurs et des distributeurs depuis le début de la crise du coronavirus.

Retour sur le terrain, dans le Finistère : le chef de l’État Emmanuel Macron a visité le 22 avril 2020 après-midi le groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) de Roué, dans la commune de Cléder, spécialisé dans le maraîchage. Il s’agit, selon l’Élysée, d’échanger « avec les professionnels sur la mobilisation du monde agricole pour garantir la continuité de la production ».

« Merci à la ferme France »

« Merci à la ferme France. Elle a tenu. On peut en être fier. J’espère que nos concitoyens vont être réconciliés avec ce beau métier qui est celui de nourrir la nation », a dit le Président de la République en allusion à « l’agri-bashing ». Depuis le début de la crise, l’exécutif insiste sur le fait que la France est préservée de la pénurie grâce à la richesse de sa production agricole et agroalimentaire, filière en « deuxième ligne » dans la « guerre » contre le coronavirus. Mais d’autres voix critiquent les conséquences de l’agriculture industrielle intensive et les circuits courts connaissent un regain de faveur à l’occasion de cette crise sanitaire.

La veille, plusieurs organisations représentant des agriculteurs bretons lui avaient adressé une lettre ouverte pour lui demander « de libérer la compétitivité agricole » française.

> À lire aussi : « Monsieur Macron, libérez la compétitivité agricole » (22/04/2020)

L’emploi agricole au centre

Cette visite « a pour objectif de saluer la mobilisation du monde agricole pour assurer l’alimentation des Français durant la crise du Covid-19 », a expliqué l’Élysée. L’exploitation est affiliée à une société d’initiatives et de coopération agricoles (Sica), dont « l’activité se poursuit grâce au recrutement de personnel par l’intermédiaire de la plate-forme Desbraspourtonassiette, lancée par l’Association nationale des employeurs agricoles (Anefa) et la FNSEA, avec l’appui de Pôle Emploi, du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et du ministère du Travail », selon la présidence.

>   lire aussi   Des volontaires par milliers pour travailler dans les champs (26/03/2020)

Ensuite, Emmanuel Macron s’est rendu à Saint-Pol-de-Léon pour y visiter un supermarché Super-U afin de « saluer l’engagement du personnel des magasins » de cette enseigne « et de l’ensemble des salariés de la filière, qui poursuivent leurs activités depuis le début de la crise, en multipliant les actions de solidarité en faveur des personnes âgées et vulnérables (livraisons à domicile) et en privilégiant les productions locales », selon l’Élysée.

>   lire aussi   L’actualité du Coronavirus en agriculture sur La France Agricole.

AFP
L’industrie alimentaire vexée et la Fnab en colère après la visite d’Emmanuel Macron

L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) et la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) n’ont pas apprécié le déroulement de la visite du Président de la République en Bretagne.

L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) s’est adressée directement dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron à la suite de sa venue dans le Finistère le 22 avril 2020. L’organisation regrette que la visite du chef de l’État n’ait pas été étendue à une des entreprises agroalimentaires bretonnes. « Si vous étiez venu à la rencontre des salariés des entreprises de l’alimentation, vous auriez vu qu’ils répondent présents, debout, pour accomplir la mission que vous leur avez attribuée, a écrit Richard Girardot, le président de l’Ania. À l’image de l’immense élan de générosité que nos salariés et nos entreprises organisent aujourd’hui et plus encore demain pour lutter contre la précarité alimentaire, je veux vous dire, Monsieur le président de la République, que l’industrie agroalimentaire mérite votre reconnaissance et vos encouragements », a conclu l’Ania.

« Arrogance, mépris et méconnaissance des sujets »

L’organisation n’est pas la seule à être déçue. La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) a critiqué « l’arrogance, le mépris et la méconnaissance des sujets » de la part d’Emmanuel Macron lors de sa visite de l’exploitation cultivant des tomates sous serres chauffées au rythme de 2500 tonnes par an. « Pour son premier déplacement dans le monde agricole depuis le début de la crise du Covid-19, le président de la République a choisi de valoriser le modèle agricole le plus déconnecté du monde vivant ; un modèle aseptisé, artificialisé, où il y a plus de béton que de terre, où les fruits et les légumes sont chauffés toute l’année », a estimé la Fnab.

Lors de sa visite, Emmanuel Macron a estimé que la France ne pouvait pas compter uniquement sur les circuits courts et le bio pour se nourrir, et souligné la complémentarité avec l’agriculture conventionnelle. « Depuis plus de trois ans, l’agriculture biologique est victime de l’absence totale de vision écologique de l’Élysée », affirme la FNAB, évoquant « retards de paiement, suppression des aides au maintien, objectifs de développement mensongers ». « Nous n’avons pas attendu Emmanuel Macron pour nous organiser aussi en filières longues », a déclaré Guillaume Riou, président de la Fédération.

Alexis Marcotte avec l’AFP
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