Le ministre allemand de l'Agriculture, Christian Schmidt, estime que l'embargo russe devrait avoir un « impact plutôt faible » sur le marché agroalimentaire européen.

Le secteur agricole russe ne peut satisfaire que 60 % des besoins alimentaires de la Russie et le pays « ne peut pas combler seul la différence, par exemple concernant la production de lait », a confié le ministre Christian Schmidt au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, dans une interview parue dimanche 17 août.

Le ministre conservateur de l'Agriculture du gouvernement d'Angela Merkel s'attend à ce que l'embargo russe ait un « impact plutôt faible » sur l'agroalimentaire européen. Il estime qu'il est « prématuré » d'envisager des compensations financières pour le secteur, comme le réclament déjà certains. Il n'exclut pas toutefois des aides au cas par cas, dans les situations urgentes.

Les ministres de l'Agriculture doivent évoquer la question lors d'un prochain sommet européen le 5 septembre. Auparavant, Christian Schmidt compte rencontrer ses homologues français et polonais à Bonn « pour s'accorder » sur une « stratégie commune ».

La Russie a récemment décrété un embargo sur l'agroalimentaire européen pendant un an, en signe de représailles après les sanctions économiques infligées par l'Union européenne à Moscou pour son rôle dans la gestion de la crise ukrainienne.

La Russie absorbe 10 % des exportations agricoles et agroalimentaires de l'UE, selon Eurostat. Les producteurs européens du secteur craignent que le marché ne s'engorge à cause de la surproduction et provoque une guerre des prix difficile à gérer. L'embargo concerne notamment les légumes, les fruits, la viande et les produits laitiers, des produits que la Russie doit importer pour satisfaire ses besoins alimentaires alors que le pays exporte surtout des céréales.