La Commission européenne a annoncé lundi le déblocage de 125 millions d'euros pour soutenir le secteur des fruits et légumes de l'UE, frappé par l'embargo russe d'un an sur les produits alimentaires occidentaux.

Entrant en vigueur à partir de ce lundi 18 août, ces mesures de soutien du marché via des retraits indemnisés de produits concernent les carottes, tomates, choux blancs, poivrons, choux-fleurs, concombres et cornichons, champignons, pommes, poires, fruits rouges, raisins de table et kiwis, précise la Commission dans un communiqué.

« Le budget prévu est de quelque 125 millions d'euros », a précisé un porte-parole de la Commission pour l'agriculture, Roger Waite. « L'idée est de réduire les quantités mises sur le marché pour que les prix ne chutent pas à un niveau de crise », a-t-il relevé.

Une réunion exceptionnelle des ministres européens de l'Agriculture est prévue le 8 septembre à Bruxelles pour faire le point sur l'impact de l'embargo russe, a indiqué mardi le ministère français de l'Agriculture. Le 2 septembre, Stéphane Le Foll rencontrera ses homologues allemand et polonais à Bonn.

Tous les producteurs sont « éligibles »

« Tous les cultivateurs des produits concernés, qu'ils appartiennent ou non à des organisations de producteurs, seront éligibles », a pour sa part précisé le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

Une fois formalisées, d'ici à quelques semaines, les mesures s'appliqueront de manière rétroactive à partir du 18 août et resteront en vigueur jusqu'à la fin novembre. Grands fournisseurs de légumes périssables et de fruits à la Russie, la Pologne, la Lituanie, la Belgique et les Pays-Bas seront les principaux bénéficiaires de ce soutien, a précisé une source européenne.

La Commission a décidé de recourir à ces mesures d'urgence, qu'elle peut financer via une réserve de crise de plus de 420 millions d'euros par an, en raison de l'absence de débouchés alternatifs pour les produits périssables concernés, frappés par l'embargo « en pleine saison de récolte ».

Le dispositif prévoit d'accroître de 5 % à 10 % le volume des produits pouvant être retirés des marchés et d'indemniser les producteurs à hauteur de 50 % à 100 %, selon que le produit est commercialisé sous une autre forme, n'est pas récolté ou est distribué gratuitement.

La Commission a indiqué qu'elle « n'hésiterait pas à soutenir d'autres secteurs », notamment les fromages et les viandes, également frappés par l'embargo.