Le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) avait demandé lundi à la Commission européenne de ne pas faire supporter les effets de l'embargo russe aux seuls producteurs et coopératives. « Des fonds supplémentaires, non issus du budget agricole de la Pac, sont vitaux », avait alors déclaré Albert Jan Maat, président du Copa.

Pourtant le 15 octobre 2014, la Commission a exprimé son intention de ventiler hors agriculture les recettes additionnelles disponibles pour le financement de la Pac qui s'élèvent à 465 millions d'euros. Aux vues des urgences humanitaires (Ebola, Syrie...), la Commission ne souhaiterait laisser à l'agriculture que 17 millions d'euros de recettes additionnelles.

Si c'est effectivement le cas, la Commission pourrait se pencher sur la « réserve de crise » de quelque 430 millions d'euros prévue par la réforme de la Pac. Toutefois pour que cette réserve soit abondée, les agriculteurs devraient dans leur ensemble renoncer à 1 % des paiements directs.

Depuis l'entrée en vigueur de l'embargo décrété par la Russie, Bruxelles a déjà annoncé des mesures de soutien en faveur des secteurs maraîcher et laitier pour un montant de quelque 350 millions d'euros. Si ces montants devaient être prélevés sur la réserve de crise, il ne resterait qu'un reliquat pour financer de nouvelles mesures supplémentaires de soutien. De telles aides sont notamment réclamées en faveur de l'élevage porcin, ou pour des compensations ciblées aux producteurs les plus dépendants du marché russe, dans les pays baltes et en Finlande.

P.B.