Acte I. Scène1. Un jeune garçon de neuf ans assiste avec son père à une pièce de théâtre à Saint-Flour (Cantal). « Les textes appris par cœur, la drôlerie des répliques, le jeu des acteurs : tout m’a immédiatement conquis ! explique Georges Mallet, éleveur laitier à Villedieu. Et puis, j’ai toujours aimé lire. J’allais garder les vaches avec un livre sous le bras. Et à l’école, j’adorais les rédactions. »

Scène 2. À 12 ans, l’enfant monte sur les planches. Il intègre la troupe du comité des fêtes de Villedieu où il jouera pendant quinze ans. Dans « La femme du Boulanger » de Pagnol, il est le boulanger et rencontre sa femme sur scène. « La troupe très dynamique comptait plus de 70 acteurs, quasiment un par famille ou par exploitation ! Nous fabriquions nos décors et nos costumes. »

En 1996, Georges se lance dans l’écriture pour une représentation à la fête de l’école de son village. Il compose « Facteur à risques ou des Maux et des lettres » autour d’un échange de correspondances. « J’y pensais tout le temps. Mes huit personnages me hantaient l’esprit au point de noter des idées sur un carnet jusqu’en salle de traite ! »

Primé à un concours

L’auteur adopte un rythme bien à lui : les pièces écrites l’hiver, quand les animaux rentrent à l’étable, sont jouées au printemps à la fête de l’école par des parents d’élèves motivés.

À « La Bonnetière de mémé » se succèdent « Le Casimir de la Léonie », « Une confiture qui manque de pot », « Chrétiens en milieu rural », « Une valise pour la vie »… Autant de pièces rurales, réalistes, émaillées de quelques expressions en patois, drôles et « sonnant juste ».

Georges s’inscrit sans grande conviction en 2000 à un concours organisé à Clermont-Ferrand. Sa comédie « Le Casimir de la Léonie », qui met en scène un vieux garçon et sa mère, est primée puis éditée. Elle sera jouée plus de mille fois en France, en Suisse et en Belgique. Un succès auquel l’homme ne s’attendait pas. « Je n’imaginais pas compléter ma retraite agricole par des droits d’auteur », sourit le jeune retraité.

Depuis dix ans, le comédien est remonté sur les planches et a rejoint la troupe de Paulhac, un village voisin de Villedieu. « L’art des mots » réunit huit acteurs, dont cinq éleveurs. Tous attendent avec impatience la nouvelle pièce de leur ami.

Monique Roque Marmeys