Une production qui se redresse. Après trois années à un rythme de 4 %, la production de volailles de l’UE s’est accrue moins vite en 2017, à +0,8 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 14,6 millions de tonnes. Cette année a été marquée par l’épizootie de grippe aviaire dans plusieurs États membres. Si la production de poulets de chair, en croissance de 1,7 %, n’a pas été affectée significativement, il n’en va pas de même pour d’autres espèces, les canards en particulier, en recul de 2,8 %.

Dans les pays où les volailles autres que les poulets pèsent plus de 20 %, la production totale a reculé : Allemagne (–0,8 %), France (–1,1 %), Hongrie (–4,5 %), Italie (–2,9 %) et Bulgarie (–2,4 %). La croissance au niveau de l’UE a donc été alimentée par des hausses significatives en Pologne (+3,3 %) et au Royaume-Uni (+2,4 %).

En 2018, la production de volaille de l’UE devrait augmenter légèrement (+1,2 %), avant de se stabiliser en 2019 (+0,6 %).

Les exportations se sont adaptées aux embargos. Face aux embargos sanitaires liés à la grippe aviaire, les exportations européennes ont reculé de 1,3 % au premier semestre de 2017. Mais elles ont rebondi au second semestre (+6 %), permettant une hausse de 2,5 % (soit 1,5 million de tonnes) sur l’ensemble de l’année. Les ventes ont été tirées en particulier par le Ghana, l’Ukraine (+45 000 t), les Philippines (avec la levée de l’embargo sanitaire), Hong Kong (+22 000 t), le Vietnam (+12 000 t)…

En revanche, les achats de plusieurs clients historiques ont reculé : l’Afrique du Sud, de loin le principal importateur de viande de volaille de l’UE en 2016 (17 % des volumes) mais seulement 5 % en 2017 (–179 000 t) ; l’Arabie Saoudite (–23 000 t) ; le Bénin (–12 000 t).

En 2018, les exportations devraient croître de 2 %, en ligne avec la reprise de fin de 2017. Néanmoins, l’UE doit affronter la forte concurrence des États-Unis, qui augmentent leur production, et celle du Brésil, excédentaire. En 2019, la croissance des exportations devrait ralentir du fait de la stabilisation de la production.

Des importations en retrait. Les importations ont diminué de 11 % en 2017, principalement du fait du scandale de la viande avariée brésilienne, en mars. Cette tendance pourrait persister, du fait de nouvelles fraudes qui impliquent l’un des principaux opérateurs du pays, BRF. La viande brésilienne pesait 50 % des importations de l’UE en 2017, suivie par la Thaïlande (34 %, en recul de 8 % du fait de la concurrence de l’Ukraine et de la Pologne). L’Ukraine en a profité pour accroître ses ventes de 62 %, atteignant 9 % des importations totales.

En 2018 et 2019, les importations de volaille devraient augmenter du fait de l’augmentation de l’offre mondiale.

Des prix sous pression. Depuis juin 2017, les prix des poulets de chair de l’UE ont dépassé les niveaux de l’année précédente et sont restés stables en moyenne à 183 €/100 kg jusqu’en février 2018. Ils restent néanmoins en deçà des prix de 2014 et 2015. Les tarifs des principaux concurrents restent significativement inférieurs, de l’ordre de 153 €/100 kg depuis décembre 2017 aux USA, et moins de 100 €/100 kg depuis mai 2017 au Brésil. Face à cette concurrence, les exportations de poulets congelés sont mises à mal.

La consommation devrait reprendre. Conséquence d’une offre plus restreinte, la consommation de volaille par habitant de l’UE a légèrement diminué (–0,4 %) en 2017. Au cours des deux prochaines années, elle devrait néanmoins augmenter d’environ 1 % par an à mesure que l’offre augmentera.

E.C.