« L’engouement brutal et compréhensif des citoyens [dans les grandes surfaces] ne doit pas cacher les difficultés qui s’accumulent dans les élevages depuis quinze jours », alerte la Confédération française de l’aviculture (CFA), dans un communiqué publié le 2 avril 2020. Le syndicat pointe notamment la fermeture des restaurants et des marchés, mais aussi de certains marchés d’exportation, qui « mettent en danger des filières toutes entières ».

« Les productions de poulet pour la restauration rapide, de canard (gras ou maigre), de pintade, de caille, de poulet de Bresse, de pigeon, fleurons de notre économie et de nos territoires, pâtissent d’un très fort ralentissement des achats », souligne la CFA.

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« Allongement des vides sanitaires »

Pour le syndicat, la perte de débouchés va se faire sentir dans les prochaines semaines, par « un allongement des vides sanitaires, mais aussi par des abattages anticipés ou de la destruction de cheptel, y compris des destructions d’œufs dans les couvoirs ». Ces derniers pourraient également pâtir du ralentissement du marché des volailles vivantes, tout comme les éleveurs spécialisés. « L’exportation est un débouché très important qui est aujourd’hui fortement dégradé. Cela touche toutes les espèces et notamment le gibier à plume », indique la CFA.

Face aux pertes de débouchés, l’organisation demande une adaptation des critères du fonds de solidarité aux éleveurs touchés, estimant « qu’ils auront du mal à remplir les critères tant la comparaison d’un chiffre d’affaires mensuel d’une année sur l’autre n’a aucune signification », en raison du décalage des dates de fin de lot. La mise en œuvre de « mesures équivalentes à l’activité partielle pour les chefs d’exploitation » est également suggérée.

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Aider le stockage privé

Pour accompagner les opérateurs dans un contexte de perturbation des flux, « les dispositifs européens d’aides au stockage privé de l’organisation commune des marchés doivent être élargis à des productions comme les nôtres qui habituellement ne peuvent pas en bénéficier, estime Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA. Cette crise est une crise sans précédent, il faut pouvoir enclencher des outils qui ne l’ont jamais été. »

V. Gu.