Les Fermiers de Loué qui ont 60 ans, les ont fêtés en grande pompe samedi 26 mai au Mans, avec plus de 3 300 personnes. Alain Allinant, président depuis 20 ans, prend cette année sa retraite conformément à ce qu’il avait annoncé depuis deux ans pour faciliter la transmission. Il a profité de cette occasion pour transmettre un message clair de vigilance face à certaines dérives.

Premier enjeu : ne pas se réjouir trop vite des propos incantatoires comme « manger moins de viande mais de la meilleure » car trop souvent, les consommateurs réduisent d’abord leur consommation des pièces qui ressemblent le plus à l’animal : poulet entier, rôti, steak, cuisses… Et non les produits élaborés qui sont, selon lui « pratiquement tous produits à partir de productions standards ».

Seconde alerte : les initiatives pour répondre aux « fameuses attentes sociétales », citant nommément’’C’est qui le patron’’ ou’’Poule House’’ « dont les médias raffolent… en oubliant quelques fois de creuser pour vérifier si derrière les intentions affichées, il n’y a pas des naïvetés et de la cupidité ».

Troisième point de vigilance, les démarches internes à la filière ou en proximité qui « cochent tous les mots-clés pour rendre acceptable des productions standards en utilisant les mêmes mots que les productions Label Rouge ou bio sans aucune garantie d’application systématique et avec des contrôles insuffisants. Que dire par exemple de « Ferme France » qui contrairement au sens premier de la marque laisse importer de la production de volailles pour une simple transformation en France ? »

La feuille de route de son successeur

Enfin, le responsable de Loué dénonce l’industrialisation des élevages Bio et plein air quand les éleveurs qui manquent de terrain autour de leurs bâtiments installent des « pouloducs », des buses passant sous la route dans lesquelles aucune poule normalement constituée ne passera par peur de faire de mauvaises rencontres.

Outre ces dénonciations, Alain Allinant a clairement listé la feuille de route de son successeur, élu à l’unanimité lors du CA du mardi 29 mai, Philippe Pancher (ex-trésorier de la coopérative) : aller plus loin et continuer à accueillir de nouveaux producteurs en développant les activités en restauration commerciale, vers l’industrie et à l’international.

Pour les volailles de chair, les 30 M€ investis dans le Cavol, l’abattoir dédié de LDC dont le Loué est actionnaire, ouvrent de belles perspectives. Pour l’œuf, le basculement du marché vers l’alternatif demande l’installation de nouveaux élevages.

Yanne Boloh