« Compte tenu de la fermeture des restaurants et des écoles [pour lutter contre le Covid-19, NDLR], des stocks se constituent. Ils pourraient atteindre, la fin de juin, plus de 30 millions de volailles », alerte l’interprofession de la volaille de chair (Anvol), dans un communiqué de presse publié le 23 avril 2020.

Les productions de poulets et de dindes s’en sortent le mieux. D’après l’interprofession avicole, la perte globale de volume a été « limitée » grâce à la réorientation d’« une partie des volumes traditionnellement destinés à la restauration hors domicile (RHD) vers la distribution alimentaire. »

À lire aussi : Volailles de chair, le poulet tire l’activité d’abattage (09/04/20)

« Destruction massive » d’œufs et de cheptels

Néanmoins, « la « concurrence agressive des importations a entraîné « la création de stocks très importants (déséquilibre filets, cuisses, ailes), la destruction massive d’œufs dans les couvoirs et de cheptels chez les reproducteurs ».

Pour l’Anvol, « la France doit obtenir de la Commission européenne l’ajustement des importations en provenance des pays tiers pour le second semestre de 2020. La profession ne peut pas accepter que les éleveurs soient au chômage alors que les importations se poursuivent normalement. »

Les filières du canard, de la pintade, de la caille, du pigeon et du poulet de Bresse ont davantage souffert du manque de débouchés en RHD. « Les ventes ont diminué, atteignant jusqu’à –80 % pour certaines filières », appuie l’Anvol. Là encore, les stocks s’accumulent.

À lire aussi : Confinement, les filières de la volaille sous label fragilisées (01/04/20)

« Les éleveurs se retrouvent sans activité et sans revenu », rapporte l’Anvol, qui envisage des stocks de viande de volaille s’élevant à 40 000 tonnes à la fin de juin. « Dans ce contexte, la filière souhaite que l’aide au stockage privé soit élargie à la volaille. »

À lire aussi : Volailles, les pertes s’accumulent pour les éleveurs (03/04/20)

« Identifier l’origine française »

Les filières en difficulté comptent solliciter les pouvoirs publics afin d’« aider à financer un plan de sauvegarde. Il prévoira les modalités de préservation des reproducteurs et les aides pour accompagner les éleveurs en difficulté. Un chiffrage des pertes est en cours sur chacun des maillons des filières concernées. [Ce plan est] fondamental pour éviter de voir disparaître des fleurons de la gastronomie française : canards, pintades, cailles, pigeons. »

Par ailleurs, pour identifier la volaille française, le syndicat demande que le décret prévoyant l’obligation d’étiquetage de l’origine des viandes brutes en restauration (attendu au début de juillet) soit étendu aux produits élaborés et transformés de volaille. Il demande également l’obligation de l’indication de l’origine des viandes dans les appels d’offres des collectivités.

V. Gu.