Trente-neuf avertissements, sept injonctions et trois procès-verbaux sur 89 établissements contrôlés (1). Les conclusions de l’enquête réalisée par la DGCCRF sont sans appel : « Un grand nombre de professionnels contrôlés méconnaissent les obligations réglementaires en matière d’étiquetage et de dénomination des volailles. »

L’autorité de contrôle du ministère de l’Économie s’est penchée sur le respect des règles d’étiquetage des carcasses et découpes fraîches, congelées ou surgelées de viande de volaille (poulet, dinde, canard, oie et pintade). Ce cadre concerne en particulier les volailles bénéficiant d’un signe d’identification de la qualité et de l’origine ou d’une certification de conformité des produits, soit 25 à 30 % du marché global.

Tromperie sur le mode d’élevage

Les mentions volontaires n’échappent pas au mauvais respect des règles. « Des anomalies relatives à l’usage de mentions valorisantes et de représentations graphiques pour des volailles standards ne pouvant y prétendre ont été relevées, notamment dans les fermes proposant leurs produits en vente directe. »

Un cadre strict est pourtant régi par la loi. « De nombreux produits portaient la mention « fermier » ou « poulet de ferme », termes utilisés de manière abusive, détaille la DGCCRF. Par ailleurs, certaines illustrations sont susceptibles de laisser penser au consommateur que les poulets répondent aux critères du mode d’élevage « sortant à l’extérieur » alors qu’il s’agit en réalité de volailles élevées en claustration ».

Dénominations non conformes ou incomplètes

Concernant les mentions obligatoires, certains professionnels utilisent des dénominations non conformes ou incomplètes. « Des cuisses de poulet avec partie de dos sont commercialisées avec la dénomination « Cuisses de poulet » et la dénomination commerciale « La cuisse de poulet blanc » sur la face principale de la barquette, illustre la DGCCRF. La dénomination de vente réglementaire « Cuisse de poulet blanc avec partie de dos » apparaît uniquement, avec une taille de caractère beaucoup plus petite, au dos de la barquette ».

Par ailleurs, l’.espèce de la volaille et son origine ne sont pas systématiquement précisées sur l’étiquetage. « De manière générale, il a été constaté l’absence des mentions relatives à la catégorie de qualité (A et B), à l’état du produit (frais, congelé ou surgelé) sur des produits vendus préemballés et à l’indication du pays d’origine », note la DGCCRF.

Au regard du nombre élevé d’étiquetages présentant des non-conformités, « les actions de contrôle dans le secteur des volailles vont se poursuivre, afin d’assurer la protection économique du consommateur et l’exercice d’une concurrence loyale entre les différents acteurs de cette filière », prévient l’autorité de contrôle.

V. Gu.

(1) 34 professionnels de la production, de la transformation et de la conservation de viande de volaille ; 12 opérateurs au stade du commerce de gros ; 37 commerces de détail ; 1 établissement d’entreposage et stockage frigorifique et 3 restaurants.