La filière a remis sa copie au gouvernement, rédigée par la structure « Volaille française », qui regroupe les différentes interprofessions (le CIPC pour le poulet, le Cidef pour la dinde, le Cicar pour le canard, le Grif pour la pintade et le Synalaf pour les labels).

Regroupant un grand nombre d’espèces, la filière se distingue aussi par une part importante des signes de qualité (25 % des volumes). Néanmoins, elle a vu ses positions s’éroder ces dernières années, sur son marché intérieur où 44 % des viandes de poulet consommées sont désormais importées, et à l’exportation, face à un déficit de compétitivité.

Face à ce constat, mais aussi pour tenir compte des attentes sociétales, le plan de filière pour les volailles de chair avance ses objectifs :

  • « Répondre aux attentes du consommateur/citoyen français » : bien-être animal, éthique, réduction des antibiotiques, moindre impact environnemental. Sont par exemple prévus un outil de mesure du bien-être animal, élaboré avec des ONG, des outils de sensibilisation à l’usage des antibiotiques…
  • « Reconquérir 10 points de parts de marché en volaille standard » en France. Il s’agit en particulier d’approvisionner davantage la restauration collective, qui importe la majeure partie de la viande de volaille qu’elle sert.
  • Conquérir de nouveaux marchés pour l’exportation de volailles standards.
  • Développer les signes de qualité (+50 % en bio et +15 % en label rouge), en proposant davantage de découpes en distribution et RHD (en passant de 30 à 50 % des volumes en découpe et en augmentant les ventes en RHD de 20 pour les labels rouges et le bio), mais aussi en ouvrant de nouveaux marchés à l’exportation pour passer de 4 à 8 % des volumes, vers l’Europe et l’Asie principalement.

« Un plan d’investissement ambitieux »

Pour cela, « la profession prévoit un plan d’investissement ambitieux de 2,7 milliards d’euros [fléchés vers la filière standard] qui a pour vocation principale de rénover et développer le parc de bâtiments en prenant en compte les attentes sociétales ».

Ce montant serait complété par un plan spécifique pour les labels et le bio, de 90 millions d’euros (M€) pour les bâtiments et de 2,3 M€ pour la communication en France et en Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Suède dans un premier temps).

Pour mener ce plan de filière à bien, la profession s’engage à « créer une interprofession réunissant tous les maillons de la filière, y compris la distribution ». Cette structure, annoncée depuis des années, devrait voir le jour en 2018.