« Nous ne crions pas cocorico », lance Jean-Yves Ménard, le président du Comité interprofessionnel poulet de chair (CIPC), lors de la conférence de presse d’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair ce mercredi 7 octobre 2020. Malgré un repli des importations françaises de 2%, « cette tendance est totalement artificielle », poursuit-il.

Pourquoi ? Parce qu’elle est le fruit du coup d’arrêt des activités de la restauration hors-domicile pendant la période de confinement pour lutter contre le Covid-19. Sur l’année 2020, la consommation française totale de viande de volaille devrait ainsi diminuer de 1,1 % sur un an, malgré une progression de 5,9 % de la consommation à domicile.

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Du poulet étranger « deux fois moins cher »

Pour autant, « les importations repartent à la hausse, prévient Gille Huttepain, le vice-président de la Fédération des industries avicoles. Des pays comme la Pologne disposent de stocks importants et veulent sortir de la marchandise ». Selon Anne Richard, la directrice d’Anvol, « le poulet standard importé est en moyenne deux fois moins cher que le poulet standard français ».

Si les grandes surfaces « jouent plutôt le jeu de l’origine France, 70 à 80 % des importations sont captées par la restauration collective qui fait un blocage sur le prix, souligne Gilles Huttepain. Elles sont également constituées de produits agroalimentaires intermédiaires comme des jambons de volaille. »

Reconquérir le marché français

En 2019, près de 45 % des poulets consommés en France étaient importés, contre 40 % en 2010, et 25 % en 2000. « La filière doit faire face à deux enjeux majeurs : lutter contre les importations, et répondre aux attentes sociétales », appuie Anne Richard. D’ici à 2025, l’interprofession espère reconquérir près de 2 % de parts de marché par an sur les importations.

Pour ce faire, l’Anvol compte s’appuyer sur son plan d’action annoncé l’an passé. L’interprofession demande également « un étiquetage généralisé de l’origine des volailles pour tous les circuits et dans le cadre du plan de relance, un soutien financier pour accélérer le rythme de rénovation des poulaillers, des couvoirs et des abattoirs ».

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Vincent Guyot