En avril 2020, les abattages de l’ensemble des volailles de chair chutent de 4,5 % en poids sur un an, rapporte l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note publiée le 5 juin 2020. Ce recul est entraîné par la baisse marquée des abattages de poulets de 4,6 %, qui représentent 63 % des volailles abattues en poids.

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Seuls les abattages de dindes progressent

L’activité des autres filières, plus modestes en volume, recule plus fortement encore : –15 % pour les canards à gaver et les pintades, –8 % pour les canards à rôtir.

Seule la filière de la dinde enregistre une progression par rapport à avril 2019 (+1,6 %), avec des stocks de viande qui restent limités depuis le début de l’année.

Selon l’interprofession Anvol, le confinement mis en place en mars en raison du Covid-19 impacte plus particulièrement les débouchés des viandes de canard et de pintade, davantage orientés vers la restauration et les exportations.

Seule la filière de la dinde enregistre une progression par rapport à avril 2019 (+1,6 %). © Agreste

En cumul annuel sur quatre mois, les abattages de volailles reculent de 2,1 % en poids et de 3,5 % en têtes sur un an, en lien notamment avec la chute marquée en avril pour les poulets.

Les abattages des canards à rôtir, à gaver et des pintades se replient fortement depuis janvier : respectivement –12 %, –6 % et –10 % en poids.

Après l’année 2019 particulièrement morose, l’activité de la filière de la dinde progresse de 1,5 %, restant toutefois inférieure de 4 % à celle de la moyenne sur cinq ans.

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Baisse des mises en place des canetons et pintadeaux

En mars 2020, les mises en place de canetons chutent de 11 % sur un an, tandis que celles de poulets de chair repartent à la hausse : +4 %, après deux mois de baisse à –8 %.

Celles de dindonneaux restent en deçà des niveaux habituellement élevés du mois de mars, à l’instar des autres espèces. Le ralentissement des mises en place des pintadeaux se poursuit. En mars, la baisse est particulièrement marquée, soit –27 % par rapport à la moyenne sur cinq ans.

La production de volailles de chair augmente de 0,7 % en poids sur un an, notamment celle de dindes (+3,6 %) et de poulets (+1,7 %). En revanche, la production de canards continue de ralentir fortement : –8,5 % sur un an et –4 % par rapport au niveau bas de la période 2016-2017 marquée par les crises d’influenza aviaire.

Les déficits de viandes de poulet se réduisent

En mars 2020, les exportations de viandes de poulet se replient de 4 % en volume sur un an, plus modérément qu’au début de l’année. Les ventes reculent de 1,2 millier de tec (tonnes-équivalent carcasse, c’est-à-dire toutes les viandes concernées quelles que soient leurs formes, carcasse, vif, déchets, etc.), notamment vers le Royaume-Uni (–1,4 millier de tec, soit –40 %). Les exportations outre-Manche de poulets entiers décroissent en effet depuis l’automne 2019, à l’instar des ventes vers l’Arabie Saoudite.

Toutefois, un léger sursaut est enregistré en mars vers cette destination pour un volume de 8 milliers de tec (+2 %) tandis que les débouchés de découpes de poulet continuent de reculer vers le Bénin (depuis 2017). En valeur, les ventes se déprécient davantage (–9 % sur un an), s’établissant à 52,8 M€.

En parallèle, les importations de viande de poulet reculent de 11,5 % en volume sur un an (soit –6 milliers de tec) et de 11 % en valeur, s’établissant à 92,7 M€. Les achats de découpes et de poulets entiers provenant de l’Espagne, en forte réduction depuis l’automne, reculent de 40 % en mars. Par conséquent, les déficits des échanges extérieurs de viandes de poulet se réduisent. Ils s’établissent à –16 milliers de tec et –40 M€ (contre –20,7 milliers de téc et à –46,2 M€ en mars 2019).

La consommation de viandes de volailles progresse

Concernant le commerce extérieur des viandes de dinde, les exportations se redressent en mars 2020, notamment en doublant vers le Bénin, pays vers lequel les débouchés décroissent fortement depuis l’automne 2019. Le solde des échanges extérieurs s’améliore, s’établissant à +2,5 milliers de tec et +1,3 M€ (contre +1,7 millier de tec et –0,2 M€ en mars 2019 et +1,2 millier de tec et –2,6 M€ en février 2020).

En mars 2020, la consommation apparente de viande de poulet progresse de 1,8 % sur un an, tandis que celle de dinde reste stable. La consommation des viandes de canard et de pintade recule de 6 %, plus fortement impactée que les autres filières par la fermeture des restaurants à la mi-mars. Par rapport à la moyenne sur cinq ans, la consommation de viandes de volailles, toutes espèces confondues, progresse de 7 % (+12 % pour le poulet, –4 % pour la dinde).

Selon les données de Kantar Worldpanel, les achats des ménages pour leur consommation à domicile progressent de 8,5 % sur un an pour la viande de poulet et de 1,7 % pour la viande de dinde, tandis qu’ils chutent de 13 %  pour les viandes de canard et de pintade.

En avril 2020, le prix à la production de l’œuf reste soutenu

Au premier trimestre de 2020, la production intensive d’œufs de consommation calculée par modèle est estimée à 3,5 milliards d’unités, un niveau comparable à ceux des années 2014 à 2018. Elle est supérieure de 11 % au niveau particulièrement faible du premier trimestre de 2019 et supérieure de 3 % à la moyenne de 2015-2019.

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En mars 2020, les éclosions et les mises en place de poulettes de ponte progressent de 17 % sur un an. En cumul annuel sur trois mois, la hausse des mises en place de poussins se poursuit (+8,6 %), au même rythme qu’en 2019.

En avril 2020, le prix moyen à la production des œufs de consommation se stabilise à un niveau élevé : +17,5 % sur un an, +23 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Cette progression s’inscrit à la suite de la hausse des achats dès les premières semaines de confinement de la mi-mars.

Selon les données de Kantar Worldpanel, les achats des ménages pour leur consommation à domicile sont en mars en hausse de 22 % sur un an (et de 20 % sur un mois).

Selon le modèle SSP-Itavi-CNPO de prévision de la production intensive d’œufs de consommation, la production de juillet 2020 sera supérieure de 3,5 % au niveau moyen des mois de juillet 2015-2019. Elle sera également en hausse de 10 % par rapport au volume encore réduit de juillet 2019.

La production intensive d’œufs de consommation de juillet 2020 sera supérieure de 3,5 % au niveau moyen. © Agreste

O.D.