La reprise de la production de volailles de chair est particulièrement molle après le creux saisonnier de mai, selon les chiffres publiés le 4 septembre 2020 par Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture.

Depuis le début de l’année, seuls les abattages de poulets soutiennent l’activité. En juillet, les abattages de l’ensemble des volailles de chair reculent de 1,5 % en poids sur un an. La chute des abattages de canards à rôtir et des pintades est particulièrement marquée : respectivement de 27,5 % et de 21,2 % en juillet, confirmant la tendance de l’année (–16,5 % et –9,9 % depuis janvier 2020 en tonnes-équivalent carcasse). En cumul depuis janvier, les abattages de volailles reculent de 1,6 % en poids et de 2,7 % en têtes.

Toutefois, l’activité de la filière de la dinde progresse (1,6 %) après une année 2019 particulièrement morose. Elle reste tout de même inférieure de 4 % à la moyenne sur cinq ans.

Les abattages de poulets, malgré une légère baisse sur un an, restent supérieurs de 1,2 % à ceux de la moyenne sur cinq ans, confirmant une activité soutenue en poids depuis la fin du confinement.

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Une reprise molle

En production, le creux saisonnier de mai a été particulièrement marqué pour toutes les espèces de volailles de chair. Les mises en place repartent à la hausse en juin mais seules celles du poulet progressent sur un an (+4 %). Cette mollesse n’indique pas une vraie tendance à la reprise. Au premier semestre de 2020, la production de volailles de chair recule de 1,6 % en poids sur un an.

En juin 2020, les exportations de viande de poulet sont stables en poids sur un an, après plusieurs mois de ralentissement du fait du confinement. Fait inhabituel, les ventes vers les pays tiers progressent de 8 % en juin, tirées fortement (32 %) par l’Arabie Saoudite et freinées par le Royaume-Uni (–40 %). Les importations repartent aussi à la hausse en volume (+2,2 % en juin). Le déficit des échanges extérieurs de poulet atteint 50 millions d’euros en juin 2020 contre 47,3 M€ en juin de l’année précédente.

En général, les échanges de viande au premier semestre de 2020 ralentissent en volume dans un contexte déjà difficile avant le confinement.

Une consommation soutenue

Cela dit, la consommation de viande de volaille est soutenue au premier semestre. Le recul de 2,5 % sur un an est à relativiser par la consommation exceptionnelle de poulet au premier semestre de 2019. Comparée à la moyenne sur cinq ans, la consommation de volailles de chair progresse de 8 % en 2020. La viande de canard a été fortement pénalisée (–15 % sur un an) par la fermeture des restaurants et des cantines.

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Éric Young