La DGCCRF réalise chaque année des contrôles pour vérifier la présence de salmonelles dans les aliments pour volailles et les matières premières entrant dans la fabrication des aliments pour animaux, afin d’établir des plans de surveillance annuels (1). Elle a publié les résultats pour l’année 2015 ce 8 mars 2017.

Les analyses ont porté sur :

  • 118 échantillons de matières premières de nature (soja, colza, tournesol, blé, maïs, etc.) et d’origine (France, Amérique latine, Union européenne, Europe de l’Est, Asie, autres) différentes ;
  • 126 échantillons d’aliments composés ;
  • 7 prélèvements aux endroits les plus susceptibles de présenter une contamination en salmonelles.

16 échantillons non conformes

« 16 prélèvements ont été considérés comme non conformes, avec une présence de salmonelles pour 14 d’entre eux (9 tourteaux de soja, 2 tourteaux de colza, 2 aliments de finition pour poulet et un aliment pour poules et canard), souligne la DGCCRF. Les matières premières oléagineuses apparaissent comme les plus à risque, et en premier lieu le soja. »

Le taux d’anomalie de 5,6 % est supérieur à celui de l’année 2014 (2,5 %). Or, la maîtrise du risque « salmonelles » chez les volailles de reproduction est un point crucial de la filière avicole. Les deux autres prélèvements non conformes présentaient un taux d’entérobactéries trop élevé par rapport aux prescriptions de l’agrément « salmonelle ».

Des professionnels bien informés

Le rapport de la DGCCRF note néanmoins que « les professionnels du secteur sont bien informés au risque salmonelle et le prennent en compte dans leurs procédures HACCP et leurs plans d’autocontrôles ». Nombre d’entre eux adhèrent au réseau Oqualim (2) et suivent son guide de bonnes pratiques d’hygiène (GBPH).

« Les contrôles ont cependant révélé chez plusieurs professionnels des problèmes d’incohérence du plan HACCP ainsi que des anomalies d’hygiène générale », par exemple une étanchéité du bâtiment de production aux contaminations extérieures (poussières, nuisibles) insuffisante, souligne le rapport. Néanmoins, il note que les failles ont été rapidement corrigées par les fabricants. »

Pour le renouvellement de ce plan de surveillance, la DGCCRF suggère d’orienter les contrôles vers les matières premières oléagineuses transformées et leurs sous-produits, notamment le soja « qui reste le plus à risque ».

E.C.

(1) Les salmonelles sont des agents zoonotiques à l’origine de nombreuses toxi-infections alimentaires : l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) évalue à 100 000 le nombre de salmonelloses humaines par an dans l’Union européenne. Les aliments pour animaux constituent un vecteur important de contamination des animaux par Salmonella et donc, des denrées d’origine animale qui en sont issues.

(2) Une association réunissant les entreprises du secteur de la nutrition animale et travaillant à l’amélioration de la sécurité des aliments destinés aux animaux d’élevage.