« En Europe, l’équivalent de la moitié de la production française de poulet est actuellement stocké, soit environ 500 000 tonnes », alerte Jean-Michel Schaeffer, le président du conseil spécialisé des viandes blanches chez FranceAgriMer, lors d’une conférence de presse ce mardi 23 juin 2020.

Des disparités selon les filières

L’impact du confinement pour lutter contre le Covid-19 varie selon les filières. En poulet de chair, sur les quatre premiers mois de l’année, « les mises en place suivent une tendance équivalente à l’an passé », indique Olia Tayeb Cherif, chargée d’études économiques sur les filières avicoles.

Les abattages accusent un repli de 1,7 % sur la même période. Quant aux dindes, les mises en place sont également restées stables, tandis que les abattages reculent de 1,5 % en volume de janvier à avril, par rapport à 2019.

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« Bâtiments vides pendant trois mois ou plus »

En canards, le constat est plus lourd. Dans la filière à rôtir, sur les quatre premiers mois de l’année, les éclosions de canetons ont chuté de 21,9 % et les mises en place de 20,5 % par rapport à 2019.

En canards gras, un tableau similaire est dressé, avec des éclosions et des mises en place en recul de 20,8 % et 20,5 % sur la même période, « avec une chute plus marquée en avril », précise Olia Tayeb Cherif.

Sur les élevages, les conséquences sont lourdes. « En canard à rôtir, certains bâtiments vont rester vides pendant trois mois ou plus », souligne Jean-Michel Schaeffer. Selon Grazyna Marcinkowska, chargée d’études chez FranceAgriMer, « les consommateurs ont peu acheté de canard, de pintade ou encore de lapin pendant le confinement, car ils ne sont pas habitués à les cuisiner ».

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La filière de l’œuf s’en sort mieux

Du côté de la filière de la ponte, « une très forte demande a été observée en grande distribution. D’importants volumes, initialement destinés à la restauration hors domicile, ont été redirigés en œufs de consommation, ce qui a toutefois posé quelques problèmes logistiques », rapporte Olia Tayeb Cherif.

De janvier à avril, les mises en place de poulettes d’un jour ont progressé de 3,5 % par rapport à 2019. Les fabrications d’aliment ont bondi de 9 % sur la même période. « La hausse prévue de la production française d’œufs de 9,7, % sur les huit premiers mois de l’année se précise », poursuit la spécialiste. Par ailleurs, sur les quatre premiers mois de l’année, les exportations françaises d’œufs et d’ovoproduits sont restées stables sur un an.

V. Gu.