« Si la diffusion du virus est multifactorielle, il n’en demeure pas moins que la présence d’animaux d’élevage en nombre important à l’extérieur, pendant les périodes à risque, favorise “l’étincelle” qui peut conduire à la catastrophe », estiment la Confédération française de l’aviculture (CFA), la Fédération nationale du foie gras, la FNSEA et Jeunes agriculteurs, dans un communiqué commun publié le 10 février 2021.

« Légiférer rapidement »

Pour ces organisations, « l’obligation de mettre à l’abri tous les palmipèdes pendant les périodes à risque est une absolue priorité. L’État doit légiférer rapidement » et « supprimer la possibilité d’attribuer des dérogations aux élevages de moins de 3 200 palmipèdes », tranche Benjamin Constant, président de la Fédération nationale du foie gras et vice-président de la CFA.

Pour autant, « l’élevage en plein air est dans les gènes de la filière foie gras, il n’est pas question de le remettre en cause », défend-il. Le syndicaliste souligne la nécessité de travailler également sur « les densités d’élevages dans certaines zones bien identifiées, sur le respect des mesures de biosécurité, sur la vaccination. » « L’État et les Régions doivent jouer leur rôle pour faciliter les investissements », estime Benjamin Constant.

De son côté, l’IGP Canard à foie gras du Sud-Ouest assure s’engager « dans un accompagnement personnalisé des éleveurs pour la mise en œuvre des protections nécessaires ». L’organisation soutient notamment « la mise à l’abri des animaux, la restriction de l’accès à l’eau et à l’aliment aux oiseaux sauvages et la réduction les densités sur les territoires à risque. »

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Réserver la dérogation aux « petits producteurs »

« Tout le monde s’accorde sur l’importance de réduire la densité d’animaux dans certaines zones », admettent la Confédération paysanne et le Modef, dans un communiqué publié le 10 février 2021.

Les deux syndicats estiment en revanche que la claustration en période à risque est de nature à contraindre les éleveurs à de « lourds investissements » pour mettre en place des bâtiments « sans que ceux-ci ne prouvent leur efficacité ».

La Confédération paysanne et le Modef demandent ainsi que la dérogation permettant de maintenir 3 200 canards en extérieur en période à risque « ne soit réservée qu’aux petits producteurs ayant 3 200 animaux au total, ce qui contribuerait à limiter la densité du nombre de canards en période à risque ». Les deux syndicats défendent également un « plafonnement » du nombre d’animaux dans les élevages.

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Vincent Guyot