La zone où l’abattage préventif des volailles peut être ordonné à cause du virus H5N8 de l’influenza aviaire hautement pathogène s’élargit avec la parution au Journal officiel d’un arrêté ce 29 décembre 2020. Dans un premier temps, le 24 décembre 2020, le ministère de l’Agriculture avait limité cette mesure à onze communes des Landes.

Dans l’arrêté signé le 28 décembre 2020 et publié ce mardi 29 décembre par le ministère de l’Agriculture, la zone concernée par ces abattages préventifs pour accélérer la maîtrise de l’épizootie de grippe aviaire concerne maintenant 109 communes et deux départements : Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Une stratégie contestée

Le ministère de l’Agriculture estime que « la forte densité d’élevages de volailles dans Les Landes » justifie cette mesure que le Modef et la Confédération paysanne contestent. Dans un communiqué de presse diffusé ce mardi, les syndicats annoncent avoir adressé « un courrier commun au directeur de la DGAL (1) sur la gestion du nouvel épisode d’influenza aviaire ».

Pour les deux organisations, « les abattages préventifs débutés avant Noël montrent déjà leur inefficacité tout comme lors des épisodes précédents ». Ils reprochent aux autorités d’écouter l’interprofession de la filière du foie gras, le Cifog, et les opérateurs, en acceptant de « sacrifier la zone de production de la Chalosse pour tenter de sauver les autres zones ».

Six propositions pour lutter autrement

Le Modef et la Confédération paysanne proposent une stratégie qui ne fasse pas « abstraction des réels enjeux sanitaires et des éleveurs et éleveuses ». Ils demandent à la DGAL :

  • Des décisions d’abattages limitées aux « foyers […], sur le lieu de l’élevage » ;
  • De limiter les déplacements au maximum et de les autoriser après analyses négatives ;
  • De favoriser l’élevage extensif ;
  • De « permettre d’amener à terme tous les animaux sains puis d’effectuer un vide sanitaire prolongé si c’est nécessaire » ;
  • Une « concertation pour voir comment désintensifier la densité de palmipèdes sur la zone le plus efficacement et le plus rapidement possible » ;
  • Des « expérimentations (puisque les animaux sains ne sont pas éliminés) afin de mieux comprendre pourquoi et dans quelles conditions des animaux résistent mieux à l’épizootie ».
Éric Roussel

(1) Direction générale de l’alimentation.