René, berger passionné de l’alpage de la Lettaz, dans le massif des Voirons (Haute-Savoie), s’est fait une belle frayeur dimanche 18 avril dernier : huit individus en quad et motos qui se trouvaient sur sa propriété, qui plus est sur un site Natura 2000 où les véhicules motorisés sont interdits, l’ont agressé après qu’il leur demandait de quitter les lieux.

« Je leur ai expliqué qu’ils n’avaient pas à être là, témoigne-t-il. Quand je leur ai dit que j’allais appeler la gendarmerie et l’ONF (1), ils ont posé les motos et ils me sont tombés dessus à 5, à coups de poing, de pieds et de pierres. » Fort heureusement, René va mieux malgré des douleurs qui persistent encore.

Plainte déposée à la gendarmerie

Après un tour aux urgences, René a déposé plainte le lendemain à la gendarmerie. « L’originalité de l’affaire est que ses agresseurs ont aussi porté plainte contre lui, explique Gabriel Doublet, maire de Saint-Cergues et président de la communauté d’agglomération Annemasse agglo. Ils ont de fait tous été identifiés et ont reconnu qu’ils avaient violé une propriété privée et les règles du massif en zone Natura 2000. »

Un soutien bienvenu

« Au niveau de l’agglomération, on a tout fait pour le soutenir, ajoute Gabriel Doublet. On a saisi le procureur et déposé plainte pour se constituer partie civile à ses côtés. On a également écrit au préfet de la Haute-Savoie pour demander que les règles soient mieux appliquées et qu’elles fassent l’objet de plus de prévention et de répression sur le massif. »

René est très reconnaissant de ces actes et messages de soutien qui lui sont adressés : maires du massif, communauté d’agglomération, proches, et même inconnus des réseaux sociaux, qu’il tient à remercier chaleureusement.

Des incivilités croissantes

« Ça fait quand même une année et demie que les motos, les quads et les incivilités augmentent fortement ici, déplore René. Mais de telles violences, ça ne m’était jamais arrivé. Évidemment, il y a énormément de gens très sympas, qui s’intéressent à ce que je fais, qui discutent avec moi. Mais il y a toujours une minorité qui se croit tout permis. »

« Les conflits d’usage ne sont pas nouveaux, confirme le maire. C’est un massif assez sauvage, mais proche de la ville. Il est de plus en plus convoité, surtout depuis les confinements successifs qui ont poussé les citadins à se promener autour de chez eux. »

« On n’est pas contre les promeneurs, on demande juste qu’ils respectent les lieux, complète René. Et quand j’en discute avec des agriculteurs et des copains des alentours, je vois que c’est la même chose chez eux. Les champs servent parfois de terrains de cross. »

Raphaëlle Borget

(1) Office national des forêts.